Alain B vieux petit nouveau

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Alain B vieux petit nouveau

Message  Invité le Ven 22 Fév - 12:01

Bonjour,

Allons-y pour la présentation du "vieux petit nouveau" de 70 ans Smile

De façon à avoir un sursis pour finir mes "études" de chimiste, j'ai fait deux années de PMS, plus une année de dispense de PMS… J'en suis sorti Aspirant, ce qui me permettait de choisir mon Arme Smile J'ai choisi le Génie…
Puis j'ai fait mon service militaire (à l'époque 16 mois) avec la classe 65 2C. Quatre mois d'EOR à l'EAG (Ecole d'Application du Génie) d'Angers, j'en suis sorti Aspirant (et pas sous-lieutenant : dommage pour moi, car la solde était très très différente), et j'ai choisi Colomb-Béchar pour les douze mois suivants.

Pourquoi Colomb-Béchar ? Tout simplement parce je pourrai toujours visiter facilement plus tard les villes de garnisons en Allemagne ou en France, alors que Colomb-Béchar me semblait plus inaccessible.
Il y avait aussi deux postes en Guyane, mais ils étaient réservés aux deux diplômés d'Agro. Mais j'aurais bien aimé aussi Smile

Je me suis donc retrouvé au 71ème BG de Colomb-Béchar, responsable des transmissions du Génie.
J'avais une "section" composée d'un adjudant (peut-être chef) dont je me suis débarrassé rapidement et de quatre soldats transmetteurs. Cinq pour une section : c'était peu, mais en temps de paix, il n'y avait pas de travail pour une "vraie" section. Nous avions en charge les transmissions radios du bataillon, son central téléphonique, et surtout la gestion et la maintenance du stock important du matériel de transmission de ce Bataillon.
Le 71ème BG était chargé de l'entretien de la piste avec l'OS (Organisme Saharien) de Colomb-Béchar à Tamanrasset.
J'ai aussi fait quelques travaux de Génie dans les deux camps du Bataillon et dans les diverses installations dépendant des français autour de Colomb-Béchar.
Mais comme j'avais du temps libre, j'ai aussi "fait" trois convois vers Tamanrasset, via Reggan, In Salah et Arak, et aussi un convoi vers Alger, plus un convoyage d'appelés du contingent fin 1966 de Marseille à Colomb-Béchar par bateau et "la Rafale"…
Ces convois ont été l'occasion de faire un peu de tourisme autour de la piste et autour de Tamanrasset Smile

Je n'ai participé à aucun des essais nucléaires aériens ou souterrains au Sahara…
Par contre, dans une autre vie, j'ai participé à presque tous les essais aériens en Polynésie pour le compte du CEA/DAM, mais ça c'est une autre histoire Smile

Je parcours votre forum depuis des mois, et j'y ai retrouvé des images génératrices de souvenirs sahariens encore bien présents, alors j'ai fini par "sauter le pas" et m'inscrire, et partager les miens avec les votres...

Amicalement
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Edouard le Ven 22 Fév - 12:14

Bienvenue Alain B

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Edouard

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Le bleu que je suis

Message  Michel le Ven 22 Fév - 12:40

salue ta et bon séjour au plaisir de lire tes aventures sahariennes
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Michel

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Bienvenue Alain B.

Message  Phil. le Ven 22 Fév - 13:27

Alain B a écrit:Bonjour,

Allons-y pour la présentation du "vieux petit nouveau" de 70 ans Smile

Puis j'ai fait mon service militaire (à l'époque 16 mois) avec la classe 65 2C. Quatre mois d'EOR à l'EAG (Ecole d'Application du Génie) d'Angers, j'en suis sorti Aspirant (et pas sous-lieutenant : dommage pour moi, car la solde était très très différente), et j'ai choisi Colomb-Béchar pour les douze mois suivants.
Amicalement

Bienvenue Alain B. tu as raison ce forum est un rayon de soleil.... pour d'ancien Sahariens.....
Amicalement. Phil.

P.S.
Je remarque que tu es passé par l'EAG où j'ai oeuvré (j'étais civil) en donnant des cours techniques aux "élèves EAG" sur les moyens amphibies (bateaux pousseurs,
hydro-glisseurs, ponts flottants... entre autres). L'EAG ou caserne Eblé était
voisine et cousine germaine de mon Centre DGA situé aux Gaubourgs à
Angers à cette époque. Tu as dû également connaître la base Maine et port-Thibaut..
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Phil.

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Bernard le Ven 22 Fév - 13:43

Bienvenue avec nous Alain B bon forum. pour toi une photo du Hoggar

Du haut de l'assekrem, en 2008.

Notre bivouac est derrière la petite montagne plein centre

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Alain P le Ven 22 Fév - 13:51



Bienvenue à Alain B sur le forum et en guise de cadeau d'arrivée, je te joins cette carte postale de Tamanrasset un peu ancienne.
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Alain le Ven 22 Fév - 14:24

Bienvenue, Alain.
Allez vas-y, raconte !!!

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-Vous voyez là ? Au bout , y a une extrémité.
-Vous n'ignorez pas que le défi métabolise les changements motivationnels dans le bon sens. (JMR)
-Il faut faire en sorte de laisser une trace sur la terre même quand ton ombre aura disparu..
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  J.J.O. le Ven 22 Fév - 15:10


à toi Alain

J'étais aussi de la 65-2-C et j'ai fait quelques missions entre Béchar et In Amguel. Peut-être s'est-on croisés ?


Tu reconnais forcément !
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Gérard le Ven 22 Fév - 18:26

Very Happy

Bonjour Alain B. , et BIENVENUE sur TON FORUM .



Une vue de l ' oasis d ' IDELES ( entre IN-AMGUEL et TAM )




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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Christian S le Ven 22 Fév - 19:41

Bonjour Alain B,

Bienvenue à toi !
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BIENVENUE CHEZ LES SAHARIENS

Message  Invité le Ven 22 Fév - 19:47

A bientôt de te lire . La Légion Saharienne de Béchar
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re : Alain B VIEUX PETIT NOUVEAU

Message  DUQUERROY Jean Pierre le Ven 22 Fév - 23:48

Salut d'un ancien du 71, 65 1 A, SMT PC Bataillon de juin 1965 à mars 1966. Heureux de retrouver un "sapeur" qui a foulé le sol du camp Huffschmidt.
Heureux moi aussi de t'accueillir dans notre forum

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Robert le Sam 23 Fév - 10:15

Bonjour ALAIN B et bienvenue sur le forum

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  marcel le Sam 23 Fév - 10:56

Bonjour Alain B



Marcel de Mandelieu.

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Marcel Couchot : 15-06-1938. ESAA Nîmes. Rejoint le 620è GAS à In-Amguel dans le Hoggar le 24/04/1962 comme Sous-Lieutenant. Affecté à la BMDD, participe à l'expérience BERYL à In Eker du 01/05/1962. Resté sur le site jusqu'en Avril 1963.
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Merci

Message  Invité le Sam 23 Fév - 11:58

pour votre accueil, les "anciens" (bien qu'on soit à peu près du même âge Smile)

Voilà une première partie (un peu longue...), juste avant mon arrivée à Colomb-Béchar

Service militaire (1ère partie) :

J'ai d'abord fait trois années de PMS pour avoir mon sursis, et terminer mes études de BTS chimiste après m'être fourvoyé dans une année de prépa aux grandes écoles…
Pour ceux qui ne connaissent pas la PMS, ça consistait en une vingtaine de séances d'une demi-journée chacune pour nous donner un vernis militaire plus un stage beaucoup plus militaire de 15 jours pendant les vacances de Pâques au camp de Mourmelon-le-Grand, région froide qui - à Pâques - peut être poussiéreuse (craie blanche collante) ou humide (boue blanche collante) : très sympa pour les manœuvres…
J'en suis sorti avec le grade d'Aspirant et avec la possibilité de choisir mon Arme. J'ai choisi le Génie pour son côté technique, et aussi pour sa devise :
"Je suis sapeur, j'ouvre la voie, et je ne marche derrière personne"
Ca me plaisait bien, et ça me plait toujours bien, car je n'aime pas trop la hiérarchie…
Il y a aussi cette autre remarque que j’adore : "vous donnez un ordre à un sapeur. Il écoute, réfléchit, puis vous demande de répéter. Vous lui répétez cet ordre. Il écoute, réfléchit puis sourit. Vous pensez qu’il a compris, erreur : il a trouvé l’objection…"

Début novembre 1965, je suis parti faire mon service militaire d'une durée de 16 mois.
D'abord 4 mois à l'EAG quartier Eblé à Angers pour apprendre le "métier" de sapeur et obtenir le diplôme de chef de section, puis 12 mois là où je serai affecté en fonction de ma place au concours en fin de ces 4 mois de stage à l’EAG et de mon choix.
Je faisais partie de la classe 2C (classe constituée en majorité d'étudiants sursitaires).
A cette époque, il y avait 6 départs de classe par an, de 2 mois en 2 mois : en Janvier 1A, Mars 1B, Mai 1C, Juillet 2A, Septembre 2B, Novembre 2C.
Pendant le trajet en train vers Angers (billet gratuit fourni par l'Armée), j'étais un peu inquiet de ce j'allais trouver là-bas, car je ne connaissais de la vie militaire que le camp de Mourmelon-le-Grand et la caserne de Vincennes, tous deux très crasseux et vieillots, difficile d’y passer 4 mois dans ces conditions. Des autobus militaires nous attendaient à la gare d'Angers. Le premier contact avec L'EAG a été bon, elle était presque incluse dans la ville d'Angers, pas loin de la gare SNCF, bâtie sur un très grand terrain et constituée de beaux bâtiments agréables à regarder et à vivre. C'était très loin des bâtiments délabrés du camp de Mourmelon, et de la crasse de la caserne de Vincennes. Ma section était logée au dernier étage du bâtiment avec vue sur la cour d'honneur.

A l'arrivée, nous avons été triés, repartis dans les différentes sections et habillés. L'Armée m'a affecté au Génie spécialité Transmissions avec comme argument qu'un chimiste faisait un excellent transmetteur : bon, pourquoi pas… Puis nous avons eu un test de QI auquel nous avons tous répondu exprès à côté, ça n'a pas du tout été apprécié par notre hiérarchie que la classe 2C ait un "QI de moule", alors on l’a refait sans tricher car les contrôleurs devenaient très nerveux...

Ces quatre mois ont été intenses en pratique et en théorie avec des instructeurs sympas et compétents. Ils sont passés très vite.

A la sortie de l'EAG, je n'ai été reçu qu'Aspirant (une confirmation de mon grade en fait), car je ne suis arrivé que quatrième au concours dans ma section. Un peu déçu de ne pas avoir été reçu Sous-Lieutenant, les deux places de Sous-Lieutenant attribuées à ma section étaient obligatoirement réservées (quels que soient leurs résultats) à deux de mes collègues sortant d'une école "agréée" Agro, et sans ce biais que je n'ai découvert qu'après les résultats du concours, j'aurais dû être Sous-Lieutenant. Mais ça expliquait pourquoi un de ces zigotos était un tel tire au cul : il savait qu’il serait Sous-Lieutenant quoi qu'il fasse, l’autre faisait juste le nécessaire.
La grosse différence entre Aspirant et Sous-Lieutenant est leur différence de solde (à l'époque 900 francs), sinon ils ont les mêmes responsabilités, et sont chefs de section…
Le fait de n'être sorti que quatrième m'a empêché de choisir un des deux postes de Guyane réservés aux deux de l'école "agréée", car la Guyane malgré son humidité importante m'attirait par son côté inexploré pour sa faune et sa flore. Les choix restants étaient des postes en France, en Allemagne et un au Sahara. Les postes en France ou en Allemagne ne m’attiraient pas spécialement, j'ai donc choisi le poste au Sahara à Colomb-Béchar au 71e BG. C’était trop loin de tout au milieu de nulle part et personne ne voulait y aller. Mais aller au Sahara me plaisait bien, ne visiter même qu'un peu le désert devait permettre de rendre supportable la vie militaire dont j’ignorais la plus grande partie, mais que je soupçonnais "chiante" à cause de sa hiérarchie. Ça serait toujours plus intéressant qu'une ville de garnison française ou allemande que je pourrai toujours visiter plus tard…

Muni de mon diplôme de chef de section, de mon uniforme sur mesure non payé par l'Armée (une tenue de sortie avec gants blancs en cuir, barrettes et deux képis) et de mon grade d'Aspirant qui permettait de me faire appeler "mon Lieutenant" ou "monsieur l'Aspirant", direction Colomb-Béchar en Algérie pour un séjour de 12 mois.
Pour m'y rendre, muni de mon ordre de mission et de mon billet gratuit, j'ai pris le train à la gare de Lyon de Paris jusqu'à Marseille. Naïvement, je pensais ne pas être le seul de la classe 65 IIC à débarquer de ce train à Marseille, et qu'un moyen de transport militaire était prévu à notre arrivée. Mais à l'arrivée à la gare Saint-Charles : j'étais seul et rien n'était prévu pour me rendre à la caserne du Muy où je devais passer la nuit avant de prendre l'avion pour l'Algérie.
Le chauffeur d'un camion militaire qui livrait des paquets à la gare a bien voulu m'y transporter. Evidemment personne ne m'attendait à la caserne du Muy et il a fallu me préparer une chambre en catastrophe. Quant aux repas, c'était un dimanche et ça semblait aussi mal barré à voir la tête de l’officier de permanence : alors j'ai préféré ne pas manger du tout…
Après une nuit dans cette caserne, et un vrai petit déjeuner (c'était lundi et tout fonctionnait à nouveau) j'ai été conduit en camion à Istres pour prendre l'avion pour l'Algérie : un Nord-Atlas. Cet avion était non pressurisé et vibrait de partout, on était une dizaine de bonhommes assis sur des banquettes en toile le long de la carlingue avec plein de paquets en vrac sous un filet de retenue au milieu (en cas de turbulences), toute la cabine arrière en plexiglas à l'apparence fragile comportait un WC caché derrière un rideau (personne ne l’a utilisé pendant le vol…). L'avion ne se dirigeait pas directement vers l'Algérie au-dessus de la Méditerranée, il suivait les côtes espagnoles, et le pilote espérait une panne (c’est ce qu’il m’a dit…) pour pouvoir atterrir aux Baléares : il l’avait fait plusieurs fois, et il appréciait le séjour plus ou moins long en fonction de la durée d’acheminement de la pièce. On a finalement atterri sans encombre en Algérie à Bou-Sfer, près d’Oran et de la base de Mers El Kébir.
C'était mon premier contact avec l'Algérie et sa température moite. Les fleurs étaient partout dans ce camp militaire de Bou-Sfer avec des insectes et des lézards que je ne connaissais pas. Je n'étais toujours pas attendu dans ce camp, longue attente au poste de garde pour obtenir une chambre avec de multiples coups de téléphone et pour obtenir les autorisations nécessaires. C'était bizarre, pour ce déplacement prévu depuis plusieurs semaines, les transports terrestres et aériens se faisaient sans problème alors que l'hébergement à terre était défectueux.
Il n'y avait plus de chambre individuelle et je devais partager la chambre d'un autre officier. Enfin une chambre un peu fraîche et surtout une douche, car l'attente de l’attribution de cette chambre dans la chaleur moite m'avait trempé. Je n'ai encore pas déjeuné ni dîné, car il fallait marcher vers un bâtiment lointain sans savoir si un repas était vraiment prévu pour moi, heureusement j'avais encore quelques fruits secs et biscuits dans ma valise. J'ai pris un des deux lits au hasard, car aucun ne semblait avoir été occupé, en espérant que l'officier occupant cette chambre avec moi ait choisi l'autre, mais je ne le saurais jamais : il n'est pas rentré de la nuit. J’ai très mal dormi, car avec le bruit permanent de la ventilation de la climatisation et les variations de pression dues aux ouvertures et fermetures des portes lors des allers et venues dans les couloirs de cette base enterrée, variations de pression qui faisaient mal aux tympans : il était impossible de dormir sans accoutumance.

Enfin le matin, grande surprise : après un petit déjeuner servi dans ma chambre, une Jeep avec chauffeur m'attendait pour me conduire à l'aéroport d'Istres où j'avais une place réservée dans l'avion (encore un Nord-Atlas) pour Colomb-Béchar (étonnant après tous ces déboires).
A Colomb-Béchar où je suis arrivé vers midi, là aussi, j'étais attendu par un chauffeur et sa Jeep à l'aérodrome du CIES : ma chambre était réservée, même le repas de midi était prévu.
L'après-midi, l'accueil officiel au 71e BG par son commandant a été chaleureux avec une présentation rapide des principaux responsables, des lieux, des activités et de ce qu'on attendait de moi. Ce commandant avait été surpris et très heureux de recevoir quelqu'un qui avait fait le choix de venir volontairement à Colomb-Béchar, et pas quelqu'un qui avait subi ce choix par défaut comme tous mes prédécesseurs, mais il ne m'a demandé pourquoi j'avais choisi le Sahara. Il a insisté sur le fait que j’allais avoir du travail. Puis il m’a laissé l’après-midi pour prendre mon paquetage, m’installer dans ma chambre et faire une première reconnaissance de mon nouvel environnement.

Et c'était parti pour douze mois…

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Alain le Sam 23 Fév - 13:08

Jeep avec chauffeur m'attendait pour me conduire à l'aéroport d'Istres
Je suppose qu'il faut lire Bou Sfer.
Que voilà une belle entrée en matière.
Alain, au vu de ton récit, je vois que, pour toi, la nourriture a une grande importance... Very Happy

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Alain P le Sam 23 Fév - 15:07

Ton récit est passionnant....mais le meilleur reste sûrement à venir avec des photos de là bas.
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  marcel le Sam 23 Fév - 17:11

...camp de Mourmelon-le-Grand, région froide qui - à Pâques - peut être poussiéreuse (craie blanche collante) ou humide (boue blanche collante) : très sympa pour les manœuvres…
Cela réveille en moi de vieux souvenirs poussièreux qui datent de 1961...
J'ai aussi fait une période au Camp de Mourmelon le Grand, comme "IMO" (Instruction Militaire Obligatoire).
Je me souviens de cette poudre blanche qui nous servait à récurer nos gamelles, après le repas !
Déjà présente naturellement, elle était soulevée par les chars qui manoeuvraient sur le terrain.

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Arrivée à Colomb-Béchar

Message  Invité le Dim 24 Fév - 13:51

Eh oui, pour mon arrivée à Colomb-Béchar : j'avais déja perdu plusieurs kilos rien que pendant le trajet Smile

Bon, je me lance dans le transfert d'image qui "ne me semble pas trop simple", alors pardonnez moi si ça ne marche pas Smile

Une photo (pas de moi) de l'EAG et de ses alentours :



Le Maine en crue sur lequel nous manoeuvrions de petits et de gros bateaux en essayant de rester dans le lit principal :



Bou Sfer, l'entrée de la base souterraine :



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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Invité le Lun 25 Fév - 9:28

Service militaire (2ème partie) :

La vie à Colomb-Béchar :

J'étais logé en ville dans un bâtiment en tôle non sécurisé ni gardé de type de Fillod saharien (double toit ventilé naturellement) avec tous mes collègues aspirants et quelques sous-lieutenants des différentes Armes présentes à Colomb-Béchar. Les chambres étaient rustiques, assez vastes et "rustiquement" confortables. Sur un sol de béton lisse, il y avait un lit métallique, une table de chevet, une armoire, une table et une chaise, un lavabo, une fenêtre plus ou moins étanche et une porte ne fermant pas à clés (deux pitons et un cadenas à l'extérieur permettait de la verrouiller : j'ai installé la même chose à l'intérieur). Un antique et très bruyant système de refroidissement d'air par passage sur des supports fibreux humidifiés était aussi présent : un "Humido", qui, quand je l'ai mis en marche la première fois m'a envoyé un nuage de poussière de sable dans la chambre. Les toilettes et les douches étaient communes au centre du bâtiment.

Passant par les divers trous des "murs" de ma chambre, des blattes, des lézards, des grenouilles, des souris et autres bestioles passaient la nuit avec moi. Un insecticide puissant (mais pas bon pour la santé) le "ShellTox" est venu rapidement à bout des blattes. Après ce "blatticide" chimique, j'ai installé sous ma porte d'entrée une protection électrique haute fréquence et haute tension de ma fabrication que je branchais la nuit et qui "grillait" leurs antennes par électrocution lors de leur passage entre deux fils, ce qui les rendait faciles à attraper. Un jour en laissant rapidement la place à la fatma qui faisait mon ménage, j'ai oublié de débrancher mon installation : j'ai entendu ses cris, c'est elle que j'avais "grillée", mais heureusement, c'était peu puissant et sans danger pour les humains, juste des picotements désagréables, mais elle n’a pas du tout apprécié d’être prise pour un cafard…
La nuit, je mettais aussi des tapettes à souris autour de mon lit, car je n'aimais pas avoir une souris ou un reptile qui dormait sur mon ventre : j'ai attrapé des dizaines de souris, ainsi qu'un lézard et une grenouille qui bizarrement ont été attirés par le bout de biscuit qui servait d'appât aux souris.
Pour pouvoir dormir dans cette chambre quand il faisait chaud, il fallait dormir nu, ou mettre en route un antique et très bruyant "Humido", ou jeter deux seaux d'eau de 10 litres toutes les 3 heures sur le sol en béton (solution moins bruyante mais plus contraignante).
Par contre, les quelques jours de grand froid que nous avons eu rendait cette chambre extrêmement glaciale, heureusement que ça n'a pas duré, car nous n'avions pas assez de couvertures pour tout le monde, et il a fallu dormir habillé.
Mais le sable fin s’infiltrait partout en permanence, et il fallait protéger tous les appareils au mécanisme fragile comme les appareils photos et magnétophones…
Les repas étaient pris au Centre Interarmes à cent mètres de là en ville, les officiers d'active dans une salle et les officiers appelés dans une autre. Et ces repas étaient très bons, variés et copieux (j'ai pris cinq kilogrammes pendant mon séjour malgré tous mes déplacements dans le sud où je ne mangeais pas à ma faim, et j'ai encore grandi de deux centimètres…). Le Centre Interarmes comportait aussi deux terrains de tennis et une piscine.
Les quelques sous-lieutenants logés dans ce bâtiment Fillod étaient en attente d'une place dans un bâtiment en dur plus confortable et dans lequel étaient logés tous les officiers célibataires des différentes Armes basées à Colomb-Béchar.
En tant qu'officier, j'avais droit à un chauffeur qui venait m'attendre devant mon bâtiment (je n'avais pas le droit de conduire sa Jeep), qui me conduisait à midi au Centre Interarmes, qui venait me reprendre après le déjeuner et me reconduisait le soir… Idem pour tous les déplacements… Bien que j'ai le permis civil VL, et les permis militaires VL, PL et PL Spécial !!!

Après mon arrivée à Colomb-Béchar, et mon installation, j'ai pu faire le tour de ma "section" et de ses missions, puis le tour des deux camps du Bataillon.

Le vieux central téléphonique à bout de souffle, saturé et souvent en panne a été l'objet de tous nos soins pour le maintenir en vie, jusqu'à ce que nous puissions le changer pour augmenter le nombre de lignes, sa rapidité et sa fiabilité.

Mon plus gros travail a été de faire l'inventaire de tout le matériel de transmission du Bataillon, son nettoyage, son contrôle de fonctionnement et sa remise en état si nécessaire (pièces manquantes ou en panne), le tri et le remplacement des pièces manquantes dans les kits de maintenance : ça a été un long travail méticuleux, poussiéreux, qui a nécessité une quantité de papiers impressionnante et qui nous a pris à moi et un de mes soldats plus de quatre semaines, car ça n'avait pas été fait depuis des années. Il a fallu réquisitionner un bâtiment Fillod vide pour pouvoir étaler tout le matériel, et avoir une idée précise de ce que nous avions en trop et en moins.
Plusieurs postes de radio étaient en panne, beaucoup de pièces des kits de maintenance avaient été mélangées, il y avait des pièces manquantes, cassées, en double et d’autres ne correspondant à rien. De plus, les vieux bâtiments Fillod n'étaient pas très étanches au vent, la poussière était omniprésente, il fallait nettoyer sans arrêt le matériel : j'ai fini par installer des bâches sur toutes les étagères de rangement.

Comme j'étais l'officier "le plus récent", et qu'il y avait de moins en moins de "personnel disponible" au Bataillon, j'ai eu "l'honneur d'être désigné" pour faire les permanences toutes les quatre semaines.
Pendant ces permanences, je faisais aussi les deux rondes de nuit réglementaires, pas pour faire "chier" les malheureux soldats de garde, car je leur donnais toujours mon heure de passage la veille, et je leur téléphonais quelques minutes avant mon passage de façon à ne pas les surprendre. Et je faisais aussi d'autres rondes non réglementaires pour éviter les vols, toujours en prévenant les soldats de garde. Leurs nuits de permanence et les miennes étaient longues et froides, mais moi je pouvais me reposer un peu le jour, pas eux. Les deux premières fois où j'ai fait une permanence, j'ai demandé un pistolet avec des balles (elles étaient cousues dans un étui de protection en toile), car je pensais réellement qu'il y avait du danger lors des rondes avec tous ces vols de matériels. Puis je me suis habitué au danger, et j'ai fait toutes mes rondes avec deux poignards (un de botte et un de ceinture), car j'avais appris à me battre au couteau lors d'une préparation aux opérations commandos et j'étais bon dans ce genre de combat…
J'ai fait la connerie de faire une ronde en djellaba par-dessus mon uniforme, car il faisait très froid, mais avec mon képi sur la tête pour que les gardes me reconnaissent, mais à voir leur tête : ce n'était pas une bonne idée…
J'ai aussi été désigné quelques semaines pour être Officier d'Intendance. Ces contrôles des produits alimentaires ou autres commençaient à 5 heures du matin : ah, gouter du vin à cette heure, et contrôler à l'œil, au doigt et au nez viandes, légumes, fromage et fruits à la lumière d'une lampe de poche, vérifier quantité et qualité et qu'il n'y ait pas de substitution entre le moment du contrôle et celui de l'expédition…

Mes loisirs étaient principalement la lecture, et l'écoute de musique (radio ou magnétophone) avec de temps en temps un film en plein air où il fallait attendre l'obscurité, l'absence de vent de sable et de pannes électriques, et avoir une bonne protection contre les divers insectes piqueurs. Mais voir un film au milieu de Colomb-Béchar assis sur une chaise enveloppé dans une couverture était suffisamment folklorique pour faire passer tous ces désagréments.
Pour ma petite radio à transistors, j'avais construit un système spécial (une bobine entourant mon poste de radio avec le nombre de spires en fil de cuivre isolé et la forme qui "allaient bien"…) qui me permettait d'écouter le soir Radio Luxembourg anglais sur 208 mètres petites ondes quand les conditions météo étaient bonnes entre l'Angleterre et Colomb-Béchar. Cette station de radio avait l'avantage d'être au top dans les nouveautés musicales anglo-saxonnes, au moins un mois avant les stations françaises, et je n'aimais pas les émissions "ersatz françaises" comme "Salut les copains".
De temps en temps au Centre Interarmes, j’allais à la piscine faire des longueurs de bassin et je faisais quelques parties de tennis, même si je n’étais pas bon en tennis, mais l’ambiance de ce Centre Interarmes était trop militaire et trop guindée pour moi. Pour occuper les longs moments de solitude et de froid, je me suis mis à fumer la pipe (Clan et Amsterdamer), à défaut d'être très agréable, ça réchauffait au moins une main, et ça occupait pendant le nettoyage de la pipe !!!
Les informations "civiles" écrites arrivaient au compte-gouttes à Colomb-Béchar, et ce n'est pas la lecture du Monde Diplomatique, ni l'écoute de Radio Luxembourg anglais qui m'apportaient des nouvelles fraîches. J'ai juste appris de sources militaires que début juin 1966 : la durée des obligations militaires était fixée à 17 ans (5 ans d'active et 12 ans de réserve), que le 3 juillet a eu lieu le premier tir nucléaire à Mururoa (bombe A), et que le 19 juillet a eu lieu le deuxième tir nucléaire (bombe A larguée d'un Mirage IV de 4 fois la puissance d'Hiroshima). C'est à peu près tout ce que j'ai retenu de cette année 1966, tout ce qui s'était passé en France m'était presque inconnu…

Visible à Colomb-Béchar, le 20/05/1966, il y a eu une éclipse solaire partielle, et le 12/11/1966, il y a eu une éclipse solaire presque complète. La veille de ces éclipses, j’ai essayé d’intéresser les soldats du bataillon à ce phénomène assez rare en leur faisant un petit exposé d’astronomie, et surtout en leur expliquant ce qu’il fallait faire pour observer cette éclipse de façon à ne pas se brûler la rétine irréversiblement. La première éclipse - pas très spectaculaire - nous étions une dizaine à l’observer sans dommage. Pour la deuxième qui était très belle, nous étions une bonne vingtaine, et grâce aux Nicols des postes de radio qui permettent d’atténuer jusqu’à l’extinction la lumière des voyants, et aussi avec une feuille percée par une fine aiguille (trou qui sert de diaphragme) et on regarde l’image inversée du soleil formée sur une feuille blanche placée derrière à une certaine distance. Il n’y a eu aucune rétine abîmée au bataillon, j'ose espérer grâce à mon exposé Smile

L'alcool était un vrai fléau au 71e BG qui entraînait des comportements violents ou aberrants, le sexe avec le BMC chez "Fifine" ou ailleurs en était un autre qui apportait tous les lundis matins à l'infirmerie sa cohorte de militaires avec des problèmes de sexes malades d'avoir "trempés" dans des choses pas très saines pendant le week-end.

Extraits d‘un document de 1943 : "dans les années 40, Fifine était une personnalité de Colomb-Béchar. Elle était propriétaire d'une maison close considérée comme la plus sélecte du quartier réservé. Cette appréciation était toute relative, compte tenu de l'état misérable des autres établissements, mais Fifine en tirait un certain prestige qui faisait d'elle, quasiment, la patronne du quartier réservé. Ce quartier comportait un certain nombre de maisons dites closes - mais ouvertes à tous les vents - disposées autour d'une cour rectangulaire dans laquelle on entrait en passant sous un porche surveillé par un poste de garde. Le service de garde étant assuré, en alternance, par la légion et par l'aviation.
Chez Fifine, il y avait, au rez-de-chaussée, une salle d'environ 50 m² meublée d'un comptoir et de tables avec chaises. Les clients consommaient des boissons ou dansaient. Quelques-uns d'entre eux prenaient le risque de monter à l'étage avec les pensionnaires, mais la majorité s'abstenait par craintes des maladies dites "vénériennes." La pénicilline n'était pas encore en usage dans les hôpitaux militaires français."

Le BMC avait gardé son nom et n’avait pas beaucoup changé depuis cette époque. Il y avait toujours cette cours carrée, mais les bâtiments autour avaient été améliorés, et il avait toujours ce fonctionnement très militaire…

Une partie de ce BMC était transportée de base en base au Sahara, et la tradition voulait que l'officier le plus gradé du lieu passe en premier et en sorte en boutonnant sa braguette : c'est très militaire que les chefs montrent l'exemple, surtout quand les risques sont "minimes", car en cas de guerre je ne suis pas sûr qu'ils aient montré le même zèle…

A Colomb-Béchar, la population locale ne nous aimait pas : j'ai été de nombreuses fois violemment "caillassé" et "mollardé". Dès qu'on s'éloignait des "beaux quartiers". Les gestes et les paroles agressives ainsi que les crachats dans notre direction étaient monnaie courante, et le mieux était de rester calme. La fin de la guerre d'Algérie était encore très proche et son cortège d'atrocités de part et d'autre avait laissé des traces profondes.

A suivre…
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Edouard le Lun 25 Fév - 9:54

Tu vois Alain (le chef), nous devons être les deux seuls sur ce forum à ne pas avoir passé la moitié de notre service militaire chez Fifine.
Beau récit Alain B, j'aimerai moi aussi avoir autant de souvenirs à raconter.
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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  Alain le Lun 25 Fév - 10:19

Tu vois Alain (le chef), nous devons être les deux seuls sur ce forum à ne pas avoir passé la moitié de notre service militaire chez Fifine.
Toute cette dépravation qui nous entoure... mon pauvre Edouard...

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Re: Alain B vieux petit nouveau

Message  J.J.O. le Lun 25 Fév - 10:22

Alain B a écrit:j'ai été de nombreuses fois violemment "caillassé" et "mollardé". Dès qu'on s'éloignait des "beaux quartiers".
Pour illustrer une partie de ton récit Alain :



Nous passions par ce chemin pour aller au centre de Béchar lorsque nous étions hébergés au CIEES, lors de nos missions.
Il nous était fortement conseillé de sortir en petits groupes. Parfois des gamins nous lançaient des cailloux et j'ai vu un "collègue" utiliser son képi comme une raquette pour les renvoyer au vol !
Autre rencontre sur ce chemin :


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Quelques photos de Colomb-Béchar

Message  Invité le Lun 25 Fév - 10:49

Panorama de Colomb-Béchar vu du haut du mirador de la 1ère Compagnie :


Mascotte du bataillon (morte quelques semaines après d'une overdose de mégots...) :


Centre Inter-Armes :


Cathédrale :


Barrage :

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alain B................

Message  Phil. le Lun 25 Fév - 13:23

Alain B a écrit:j'ai été de nombreuses fois violemment "caillassé" et "mollardé". Dès qu'on s'éloignait des "beaux quartiers".
>> Pour illustrer une partie de ton récit Alain :

J.J.O. a écrit:De J.J.O.
Nous passions par ce chemin pour aller au centre de Béchar lorsque nous étions hébergés au CIEES, lors de nos missions.
Il nous était fortement conseillé de sortir en petits groupes. Parfois des gamins nous lançaient des cailloux ..............>>
Je suis arrivé à Colomb-Béchar en janvier 1962 et les événements en Algérie s'étaient terriblement compliqués, surtout dans Alger, les villes du nord et en Kabylie...
A Colomb-Béchar par contre il régnait une atmosphère de grande tolérance à mettre au bénéfice de l'Armée française qui attachait une très grande importance au bien être de la population autochtone.
Des affrontements militaires armés assez violents, j'en ai été témoin, existaient mais cela se passait loin de la Ville car ils étaient déportés sur le Djebel suffisamment éloigné de la population.
En 1962 nous circulions (et avions des permissions) sans aucun problème dans Colomb-Béchar qui était quadrillée par des patrouilles de la Légion ou autres puisque le CIEES était une base inter-armées...
Nous allions de jour comme de nuit (le dernier bus était fixé à 22h30) dans les bars, les restaurants et beaucoup terminaient leur sortie chez Fifine pour une soirée ludique.....(!)
Jamais, pas une seule fois, de janvier 1962 à fin février 1963 je n'ai été "caillouté" voire même "agressé" que ce soit verbalement ou autrement par la population... La cohabitation était correcte..., sans être conviviale ou amicale !
Au vu de vos témoignages il me semble que les années qui suivirent ne furent pas ainsi.... et je m'en étonne car je n'ai pas connu ça !
Je pense que des années et des années de colonisation n'ont sûrement pas laissé que de bons souvenirs à la population autochtone... Quant à l'Armée française à Colomb-Béchar je pense (j'en suis même certain) qu'elle recherchait à être exemplaire.. du moins à l'époque de mon séjour. (de début janvier 1962 à fin février 1963)
Je ne m’appuie que sur mon vécu et sur mon sentiment .
Je ne veux surtout pas lancer un "débat".... sur les épisodes douloureux des années 60.
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Phil.

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