Notre vécu là bas...

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Michel le Lun 12 Fév - 10:06

Alain a écrit:
PS: pour le repassage et la couture... dans notre box..., la repasseuse et couturière, c'était... moi !


Oui j'oubliais la couture, j'avais le bol que l'armurier logent dans la baraque à coté, était couturier alors pas de soucis pour ça non-plus, mais il ne savait pas conduire alors un prêté pour un rendu et lors de son rapatriement comme il lui restait 6 mois à tirer il s'est porté volontaire et a réussi a être chauffeur, lui au moins l'armée lui aura apporté quelque chose, car il a aussi obtenu le PL
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Jean-Marie le Lun 12 Fév - 10:13

Avec le témoignage de Michel je constate qu'en 1965 même les gonfleurs devaient laver leurs fringues eux même, ça alors.
Sans doute des restrictions budgetaires en période de paix retrouvée.
Les gonfleurs de la classe 1961 étaient donc des privilégiés en quelque sorte.

Conclusion : En matière d'assistance ménagère au combattant, le niveau de prestation dépend uniquement des budgets alloués et pas vraiment du degré présumé de self-débrouillardise du dit combattant.

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Ph. le Lun 12 Fév - 10:18

Les "aviateurs"  que j'aie côtoyés ( à Tindouf de janvier 1962 à janvier 1963 ) n'étaient pas mieux lotis que nous.... Ils n'étaient ni choyés, ni privilégiés... et lavaient leurs frusques eux-mêmes !Il est vrai que Tindouf c'était tout petit petit par rapports à Béchar.... où là..,  peut-être y avait-il une laverie, une lingerie etc....

Seuls leurs approvisionnements en denrées alimentaires étant plus réguliers car par voie aérienne leur amélioraient le quotidien et de manière réconfortante car un ventre bien rempli améliore l'humeur et le ressentiment....  

mais ils étaient très partageurs...

J'ai souvent écris ici dans nos pages que la solidarité était ce qui m'avait le plus marqué lors de mon séjour au Sahara.... et d'ailleurs cela a influencé en mieux mon comportement à venir... (car au pensionnat nous étions individualistes)

Isolés des mois durant dans un poste situé dans un domaine lunaire et en perpétuel sentiment d'insécurité le survol puis l'arrivée d'un DC3 était une vraie fête...

Les " gars" qui descendaient de l'avion étaient les biens venus et n'avaient le plus souvent qu'un souhait... << faire une petit tour en Dodge de notre secteur pour sentir le Sahara du sol...., voir des gazelles et/ou des chacals et autres dromadaires sauvages...>> Nous étions aux anges de les emmener sur nos pistes....
La base aérienne de Tindouf  pouvait faire l'objet de combats et les pilotes et mécaniciens risquaient gros à chacune de leur sorties et pourtant ils ne nous laissaient jamais en rade... leur avions étaient des cibles faciles....
Les navigants nous apportaient tous les 45 jours le courrier.... les rations et les médicaments !

Nota :
Alain à parfaitement raison... Même en voulant et en ayant la possibilité de choisir... ça ne marchait pas comme ça.... !
Pour ma part durant ma scolarité j'ai suivi les années de cours de préparation militaire "AIR" dispensés par le "quartier Richemont" de Nantes.(Armée de l'Air)
Diplôme en main... j'ai tout de même eu un refus quant à ma demande de sursis universitaire ( je préparais mon entrée aux Arts et Métiers d'Angers) parce que j'étais né en janvier 1942 et qu'il fallait remplir, coûte que coûte, le dernier contingent des << classes dédiées aux nés en 1941  >> Conscrits 41 pas assez nombreux du fait de la guerre de 40/45 et des naissances pas assez nombreuses) >>
Aux 3 jours de sélection je suis (hasard) tombé sur un Commandant de la Colo qui m'a gentiment affecté dans l'infanterie de Marine pour y faire mes classes en peloton EOR.
En "cours" de classes j''ai refusé de poursuivre, après les 4 premiers mois à Toulon, le peloton EOR à Cherchell et je me suis retrouvé à Tindouf (en camp disciplinaire) mais  heureusement affecté au GSMIT (peloton motorisé AM).. en 1ère ligne !
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Georges le Lun 12 Fév - 11:27

Nous, on lavait séchais repassais tout nous même (sauf les draps). Le "bleu" de mécano, quand il était
trop sale: lavé à l'essence (10 l c'était pas cher) et rincé avec frottage au savon (pour l'odeur)
Pas de couture, nous échangions, les trucs trop sales on déchirait un peu pour ne rien faire.(mais ça grinçais
des dents quand même à l'échange ! )
En revenant de perm avant le départ, j'avais emmené un vieux fer à repasser en "110" j'avais changé
la résistance pour passer en "220"(un peu découpée car trop grande, mais ça fonctionnait ).
Ce fer servait à toute la chambrée et même plus si affinité comme on dit !
Certains étaient totalement incapables de faire les plis de chemise, ils sous-traitaient aux spécialistes,
moyennant un dédommagent avec la monnaie locale (la Kro, ou la Caisse suivant l'importance ! )
Un mauvais repassage pouvait avoir des conséquences "graves": présentation au capitaine pour la quille,
et en cas de refoulement au revoir le bel avion !
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re : notre vécu la bas

Message  DUQUERROY Jean Pierre le Lun 12 Fév - 12:09

A en croire certains, Béchar c'était le rêve. Que nenni ! Au 71 nous n'avions ni "lavandière", ni repasseuse. C'était toujours Bibi qui s'y collait.
Nous avions l'avantage d'être près de la ville et certains en profitait au maximum et passaient plus de temps dans les bars et chez qui vous savez qu'au casernement. Pour ma part, je n'ai parcouru la ville que trois à quatre fois pendant mon séjour. Le quartier que j'ai le plus arpenté, c'était l'hosto : j'y ai passé 45 jours en deux épisodes !
Quant à la tenue, elle se devait d'être propre (même si l'été le short et la chemisette étaient privilégiés) car au PC bataillon nous croisions des huiles à longueur de journée et la moindre fausse note se payait au prix fort. Preuve en est que j'ai chopé de la tôle pour ne pas porter mes galons.
Avantage : pas de défilé, seulement la garde et les tours revenaient tous les deux ou trois jours car l'effectif du bataillon était réduit au strict minimum, la majorité des sapeurs était sur les chantiers : Abadla, B2, Hammaguir, Arak et les pistes d'un bout à l'autre du pays.
Pour ce qui est de la bouffe, certains jours les boites de ration étaient quelques fois meilleures que l'ordinaire. Seul avantage, nous avions un cuistot indigène qui nous préparait assez souvent un couscous maison. Le reste du temps c'était steack haché congelé qui baignait dans l'huile (un jour sur deux : il fallait utiliser les stocks).

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Ph. le Lun 12 Fév - 13:11

J'avais complètement oublié "l'aspect  couture"....

Nos pantalons de  treillis avaient des "pattes" extra-larges et ça ne nous plaisait pas...
..,  aussi la solution trouvée pour remédier à ce "défaut d'aspect" consistait à mettre le pantalon à l'envers et l'étaler sur un plan plat les deux jambes en opposition. Ensuite avec une règle et une craie nous tracions une ligne semi-droite en partant des pieds pour rejoindre la braguette de sorte que le pied était plus étroit que l'entre-jambe mais nettement moins que d'origine..
Ensuite avec des ciseaux nous coupions le trop de tissus puis avec le plus de doigté possible et beaucoup de patience nous recousions point par point sur toute la longueur....

Le résultat était parfois surprenant !
Après ce travail de grande couture Very Happy, certains n'arrivaient plus à enfiler leur pantalon parce que les mollets ne passaient plus.... D'autres dont les pantalons avaient une forme tellement bizarroïde avaient réussi à fabriquer des jupes-culotte / treillis....
Je me souviens que l'un des miens pourtant pas trop mal réussi me semblait encore trop large, alors je l'ai trempé et retrempé dans de l'eau chaude puis je l'ai mis à sécher en plein soleil.
Le résultat a été extraordinaire ! Mon pantalon de treillis n'avait plus la même teinte verte-kaki d'origine. Il était devenu beaucoup trop vert-clair.

Et dire ""qu'on" était tout content de faire ça....

Nota : Georges vient de me rappeler que la monnaie pour service rendu était la Kro voire carrément la caisse de Kro.....  Very Happy

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Jean-Marie le Lun 12 Fév - 14:01

Quand je lis tous ces témoignages sur les à côtés de la vie de ménagère en campagne, je me dis que j'ai quand même loupé des expériences uniques en ayant eu recours sans l'avoir demandé au service d'aide à la personne des GO de l'Armée de l'Air.Very Happy

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Bernard le Lun 12 Fév - 14:23

Pour moi les corvées de lavage et repassage. Le lavage avec l'eau de la citerne le séchage sur le rétro du GBO ( short chemisette et slip) la plupart du temps pas de repassage sinon
une couverture sous le matelas et le pantalon et les chemisettes entre deux! Pour rétrécir les  treillis  je mettais un manche a balai a l' intérieur de celui ci je cousais la jambe du pantalon ensuite je coupais le rab et je vendais les chutes a ceux qui avaient des treillis trop étroits.


Dernière édition par Bernard le Lun 12 Fév - 18:01, édité 1 fois
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Edouard le Lun 12 Fév - 14:37

J'avais un fer à repasser perso. Je l'avais acheté, pour une somme modique, à l' économat. En fait, j'en ai acheté trois. Le premier et le second, je les prêtais et j'avais beaucoup de mal à les récupérer car toujours "en main". Alors, j'en ai acquis un troisième que je gardais pour moi.
Je m'achetais aussi, au même endroit, des chemises et chemisettes en tergal. Elles ne coutaient pratiquement rien et étaient très faciles d'entretien.
Un petit coup de savonnage, bien étendues sur un cintre au soleil, elles étaient enfilables une demi heure plus tard et cela, sans repassage.
Pour le reste, les sous-off disposaient d'une blanchisserie à la base. Etant au point nord, je n'en ai jamais profité car cela aurait posé trop de problèmes.
Alors, je lavais et repassais moi-même (même les treillis).

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain P le Lun 12 Fév - 16:46

L'épisode du pantalon sous le matelas conté par Bernard m'a rappelé des souvenirs, ...de même que l'utilisation des jerrycans d'essence de Georges.
L'observation de notre base avec Google earth montre que le mat au couleur a changé de place.

Sur la photo de Marcel on le voit bien en avant des hangars

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain P le Lun 12 Fév - 16:50


En 2012 il a déjà été déplacé pour se rapprocher du centre de la base. Mais le socle ancien est toujours en place.
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain P le Lun 12 Fév - 16:52

En 2016 à l'emplacement du socle de notre mat il y a un tas de terre: un coin d'histoire disparaît.


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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain P le Lun 12 Fév - 16:54

Agrandissement 2016


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Re: Notre vécu là bas...

Message  Michel le Lun 12 Fév - 17:01

Alain P a écrit:Agrandissement 2016



Ce ne doit pas être les mêmes
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Ph. le Lun 12 Fév - 17:17

Notre fer à repasser ressemblait à celui-ci !


J'ai évoqué Colomb-Béchar parce que j'y ai passé mon dernier mois sous les drapeaux après que notre GSMIT ait été dissous... Faire le parallèle avec ma vie d'avant tant à Oum el Achar qu'à Tindouf et même à Tinfouchy  ou bien à Hassy el Mounir m'a semblé impossible tellement ce que j'y ai trouvé et vécu ressemblait à ce que j'avais connu durant mes classes à Toulon une année plus avant....

Quand en janvier 1963 je suis arrivé à la base guerre de Colomb-Béchar et je ne parle que de la Base Guerre du CIESS de fin 1962.. j'avoue avoir été dépaysé et désorienté tant de différences m'étaient proposées d'un seul coup.
Mon premier contact avec le service du Personnel de la base m'a laissé sans voix ! Un simple appelé (j'ai envie d'écrire une jeune m....x) qui n'avait rien vécu m'a posé des questions grotesques, puis m'a refilé à une sergent qui ne savait même pas ce qu'était une Compagnie Saharienne me disant que mon accoutrement était illégal (hé oui rien que ça...) lequel m'a conduit ensuite à son capitaine qui lui m'a posé des questions intelligentes (enfin) parce qu'il souhaitait aller faire un tour dans le "sud" qu'il ne connaissait pas en dehors de la palmeraie de Béchar...
Ensuite j'ai rencontré mon "futur chef" (un type bizarre) pour un mois... Ce capitaine d'active était chargé de la régulation automobile ( un parc d'un millier de véhicules dont au moins une centaine roulaient chaque jour pour assurer le quotidien de la Base Guerre qui, à cette époque, comprenait en son sein toutes les Armes (y compris des marins) soit environ 9000 âmes.... C'était énorme !

Il y avait de quoi être dépaysé.. ce qui fut mon cas durant tout le mois qu'il me restait à passer sur le sol "pré-saharien"....
Je crois que j'ai un peu déprimé.
Je n'avais plus mes repaires et en plus j'étais devenu tout à coup un "gradé" nommé adjoint au capitaine et chargé d'encadrer une partie des "chauffeurs" et véhicules de la régulation (une trentaine) et responsable du <démarrage>> chaque matin des véhicules du jour...
De plus j'ai eu la charge de former des "chauffeurs" (de jeunes recrues arrivant de France ) et de leur délivrer les permis VL et Poids-Lourds...

Chaque midi je prenais mes repas au mess des sous-officiers (une grande première pour moi);; Mais le plus dur aura été de n'avoir plus aucun de mes "potes"...

Je n'avais pas de garde à faire, ni aucune autre obligation ne m'incombait, et j'avais tous mes après-midi de libre...., de même que toutes mes soirées. jJavais une grande chambre très confortable à partager avec deux sympathiques sergents.... et une douche annexée avec eau chaude et froide (du jamais vu depuis mon arrivée sur le sol d'AFN en début janvier 1962)

Je pouvais à tout moment ou presque décider de mon emploi du temps. Il m'est arrivé, rien que par plaisir, de prendre le volant d'un car "Saviem" ou "Chausson" et descendre vers le Centre-Ville... de mon propre chef.... cela m'amusait... J'avais au moins ça... !
J'allais aussi à ma guise retrouver les aumôniers ( l'un deux était l'Ami de mes 4 mois de classes qui avait partagé ma tente dans la neige du Mont Ventoux en décembre 1961). Ils logeaient à l'aumônerie dans le Centre de Béchar juste à côté de la grande Église toute blanche et à deux pas de la fameuse place aux Chameaux (que J.J.O. trouvait superbe.... )

Alors Colomb-Béchar le paradis assurément pas! Mais par rapport à ce que j'avais vécu tout au long de l'année 1962 c'était tout de même pour moi plus de confort,(chambre, douche, restauration, etc...) avec  énormément moins d'angoisse et mille fois moins d'Aventures.... Mais l'obligation d'être salué et de saluer avec une tenue vestimentaire réglementaire et sa cohorte de dérapages de toutes sortes..... me pesait lourdement.

Oum el Achar et Tindouf m'ont terriblement manqué durant tout ce mois ((de mi-janvier à mi-février1963))  
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain P le Lun 12 Fév - 17:19

Jean-Marie a écrit:

Et dans le classeur In-Amguel j'ai retrouvé notre toubib d'In-Amguel que j'avais bien mis là où il fallait en fait :


Jean Marie je me suis permis de retourner la carte de visite du médecin....et j'ai trouvé pas grand chose

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Michel le Lun 12 Fév - 17:25

Phil. a écrit:Notre fer à repasser ressemblait à celui-ci !

Un fer à charbon de bois? Je n'ai jamais rien connus de tout ça, comme Bernard le peut que je devais remettre en place, car on ne pouvait pas appeler ça repassé, cela se passait entre le sommier et le matelas.
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Georges le Lun 12 Fév - 19:32

Ed a écrit:Je m'achetais aussi, au même endroit, des chemises et chemisettes en tergal. Elles ne coutaient pratiquement rien et étaient très faciles d'entretien.
INTERDIT pour nous, réservé aux gradés monsieur E D !

Quand au rétrécissement des treillis et bérets "fantoches", ça se pratiquait à
Fréjus pour frimer devant les gonzesses de passage, mais à In Amguel: RAB !
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Jean-Marie le Lun 12 Fév - 22:38

Je suis de plus en plus surpris par le rappel de tous les signes extérieurs de la vie militaire que je lis dans vos témoignages, le salut aux gradés par exemple et j'en viens à me demander si j'étais vraiment dans une unité de l'armée militaire lors de mon séjour à In-Amguel entre le 18 juillet 1961 et le 30 novembre 1962 au matin c'est-à-dire au moment où je suis monté à bord du Papa Hotel pour un voyage de sept heures en direction de Paris Le Bourget pour le retour à la maison avec 41 jours de perm libérable.

J'ai beau fouiller ce qui me reste de mémoire, je n'arrive pas à me souvenir d'avoir passé beaucoup de temps à saluer les gradés, ça a bien du m'arriver quelques fois bien sûr, mais pas plus d'une dizaine de fois en 16 mois au CEMO sans doute.
Et ça me rappelle la suite de mon voyage retour vers la vie civile le 30 novembre 1962 :
Avant de partir j'avais troqué mon short mes pataugas et mon chapeau de brousse contre la tenue bleue d'hiver des aviateurs avec un blouson et son beau v (repassé par qui ?) dans le dos, mais c'était un beau v qu'on ne le voyait même pas car il était masqué sous ma capote.
Après l'atterrissage au Bourget j'avais pris le train pour Besançon via une correspondance en gare de Dijon pour passer de la traction électrique de la ligne PLM à la traction à vapeur de la ligne Dijon Belfort.

En gare de Dijon je faisais les cent pas pour me réchauffer en attendant mon train à vapeur et j'en viens à croiser une patrouille de la police militaire qui marchait à ma rencontre.
Je les voyais arriver sur moi et eux me regardaient avec une stupéfaction grandissante parce que figurez vous que l'idée de lever la main vers mon calot pour les saluer confraternellement comme c'était l'usage entre militaires en ces temps très anciens ne m'était même pas venue à l'esprit.

Le sergent de la patrouille s'avance vers moi en me mitraillant du regard et aboie :
"Alors caporal, on ne salue plus ?"
Moi, me réveillant soudain : "Ben heu, excusez-moi sergent, je n'y ai pas pensé".
Le sergent : "Tu sors d'où toi là ?".
Moi : "Ben heu sergent, j'arrive tout juste du Hoggar."
Le sergent sympa : "Je vois, c'est le mal du sud, ça va comme ça, circule."
Moi, me fendant enfin d'un salut, militaire jusqu'au bout des ongles : " Merci sergent."
Et le lendemain matin 1er décembre 1962 je rendais mes frusques militaires à la gendarmerie de Besançon Tarragnoz.

Pour fêter mon retour à la maison la municipalité de Besançon avait sorti le grand jeu en illuminant la place devant la mairie, si si je blague pas, j'y suis passé vers le 20 décembre avec mon Foca Sport II et les illuminations étaient toujours là :


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Re: Notre vécu là bas...

Message  Ph. le Mar 13 Fév - 8:28

par Jean-Marie le Lun 12 Fév 2018 - 22:38

<< ..., En gare de Dijon je faisais les cent pas pour me réchauffer en attendant mon train à vapeur....,
>>


                                                **************************
Cette fois en lisant l'anecdote-souvenir de JM. j'ai l'impression de revivre ma propre mésaventure de retour à la maison...

Pour moi ça c'est passé dans le hall de la gare Saint-Charles de Marseille en février 1963...,

nota :
( ( rappelez-vous  l'hiver 1962/1963 avait  été le plus rigoureux en France depuis des dizaines d'années.. La Loire en Anjou charriait des icebergs si volumineux que les sapeurs du génie d'Angers durent en faire sauter une centaine avec des explosifs pour sauver les ponts de Saumur et des Ponts-de-cé (Angers) )
La maine à Bouchemaine ( 3km d'Angers)

... Pour me réchauffer, il est vrai que j'étais en tenue saharienne c'est à dire très légèrement vêtu, je faisais des allers et retours... dans le hall.
(accompagné de Claude D....... que j'avais retrouvé en gare de Béchar dans le train "l'INOX" et qui, lui, revenait de Reggan où il avait été déplacé lors de la dissolution de Tindouf... [[ Claude D..... avait été en 1946/1947 mon camarade de maternelle à Angers]] )

Une patrouille qui arpentait le hall et les quais de la gare SNCF se dirigea vers nous. À environ deux mètres, le sergent claqua des talons et nous salua réglementairement. Surpris Claude et moi lui avons répondu par un salut peut-être pas tout à fait conventionnel ayant tous les deux perdu le savoir faire lors de notre séjour saharien et pour cause...
Le sergent s'adressa à moi (j'étais le plus gradé...,  mes galons d'un jaune délavé étaient collés sur les épaulettes... et mon képi bleu ciel et celui de Claude devaient impressionner ce sous-officier en herbe)...
<<  Mon Capitaine, vos tenues ne sont pas réglementaires... nous sommes en hiver ! >>
Surpris je n'ai pas répondu instantanément.. l'étonnant "mon capitaine" d'un côté et la remarque sur notre tenue d'un autre....
Puis voyant Claude D. me sourire et le sachant capable du pire (il avait été, pour insubordination, mis en camp disciplinaire durant  trois mois à Tinfouchy ), j'ai repris mon self-contrôle et j'ai répondu..
<< Si-si sergent.., nous sommes bien en tenue d'Hiver mais nous arrivons directement du Sahara. >>
Bien mon capitaine... Pouvons-nous vous accompagner jusqu'à votre quai... Pourquoi pas lança Claude d'un rire goguenard et d'ajouter en me regardant <<  n'est-ce pas ""mon Capitaine Fifi"" ....>>

Le train à vapeur nous amena à Paris en quelques 10 heures et cette anecdote c'est répétée à la gare de Lyon , à la gare Montparnasse et en gare d'Angers.... avec le salut réglementaire la même remarque sur nos tenues mais  mais sans le fameux " mon capitaine".... Ce qui commença à me manquer  Wink  Wink
Vingt jours plus tard j'étais démobilisé mais pour ma part j'ai gardé mon paquetage car "nous" les Sahariens nous étions propriétaires de tous nos effets que nous avions achetés (avec toutefois une petite prime versée en entrant dans le magasin-dépôt).
L'un de mes fils (le N°2) alors bébé...,  adorait mon Képi lequel a fini par être écrabouillé... Mes treillis ont fini couverts de ciment et de peinture... Les naïls je ne sais plus...,  et la tenue avec les épaulettes (pourtant bien planquée très longtemps dans un placard),  a connu un sort tragique... mon épouse ayant tout viré............
Ma mère avait voulu ma gandoura blanche et bleue...
Il ne me reste aujourd'hui, en tout et pour tout, que la petite casquette "commando"
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain le Mar 13 Fév - 9:07

Vous en avez de la chance d'avoir tant de choses à raconter...

Ado tranquille, occupé que j'étais entre le travail et ma musique, j'ai vécu des classes sans histoire, puis l'école des transmissions sans histoire particulière, puis mon séjour à In-Amguel ou j'ai continué, comme dans le civil, à travailler consciencieusement sans fait d'armes particulier et à faire de la musique ....
Libéré autour du 20 mai avec 2 mois de permission libérable j'ai rendu mon paquetage à la gendarmerie d'Oyonnax le lendemain de mon arrivée.
J'aurais bien voulu profiter de ma perm, mais on m'a informé que mon boulot commençait le 1er juin... et c'était parti jusqu'à la retraite...

Banal, non ?

J'ai plus de boulot, il me reste ma musique ... et quelques souvenirs ...

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Michel le Mar 13 Fév - 9:31

Jean-Marie a écrit: on ne salue plus ?"
Moi, me réveillant soudain : "Ben heu, excusez-moi sergent, je n'y ai pas pensé".
Le sergent : "Tu sors d'où toi là ?".
Moi : "Ben heu sergent, j'arrive tout juste du Hoggar."
Le sergent sympa : "Je vois, c'est le mal du sud, ça va comme ça, circule."


Ce fait n'a pas attendu mon retour en métropole, à notre passage à Reggann je l'avait déjà relaté, mais avec à la place de caporal, le gonfleur
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Jean-Marie le Mar 13 Fév - 9:48

Trop modeste Alain, tu es quand même le seul appelé du CEMO qui ait fait lancer une opération aérienne pour envoyer un officier aller récupérer la trompette que, trop pressé de partir pour servir la patrie, tu avais oubliée chez tes parents.

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Re: Notre vécu là bas...

Message  Alain le Mar 13 Fév - 9:51

Jean-Marie a écrit:Trop modeste Alain, tu es quand même le seul appelé du CEMO qui ait fait lancer une opération aérienne pour envoyer un officier aller récupérer la trompette que, trop pressé de partir pour servir la patrie, tu avais oubliée chez tes parents.
c'est pas faux !
un p'tit coup pour la route !

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-Vous n'ignorez pas que le défi métabolise les changements motivationnels dans le bon sens. (JMR)
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Re: Notre vécu là bas...

Message  Gérard le Mar 13 Fév - 11:40

AMAZING.....  Alain  !

Qui a perdu sa belle trompette , pour la remplacer par un modèle moins cher :



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