Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

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Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Jeu 19 Avr - 22:13

C'était il y a cinquante ans, les syndicalistes d'aujourd'hui rêvent de faire revivre ce qu'ont vécu leurs glorieux ancêtres.
Leurs glorieux ancêtres c'est nous en fait, car revenus du sable chaud nous l'avons forcément vécu.

Je n'ai que deux photos personnelles pour illustrer l’événement, la première montre les délégués du comité d'entreprise sur fond de grille fermée de la Compagnie des Compteurs de Besançon (qui allait devenir les Compteurs Schlumberger).
Sur la gauche de la photo, une femme et deux hommes c'est la CFDT, puis les cinq c'est la CGT, la dame en vert c'était la secrétaire du CE et de nouveaux couples étaient en train de se former chez les cégétistes (il faut bien faire la révolution non ?).


La deuxième photo c'est un grand méchoui que nous avions organisé pour célébrer la victoire avec tous les collègues du bureau d'étude outillage où je bossais.


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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Alain le Ven 20 Avr - 8:40

Pressé par le temps ce matin... il faut que j'organise ma réunion avec moi-même pour vous narrer ça !!! vaste programme... (à suivre)

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Michel le Ven 20 Avr - 9:21

Jean-Marie a écrit:C'était il y a cinquante ans, les syndicalistes d'aujourd'hui rêvent de faire revivre ce qu'ont vécu leurs glorieux ancêtres.
Leurs glorieux ancêtres c'est nous en fait, car revenus du sable chaud nous l'avons forcément vécu.


Comme Alain, en plus ça tombe mal au printemps avec j'avais démarré ma carrière dans le TP pile un an plus tôt et c’était plus un après, en automne qui a fait développer le TP avec tout le retard et les dégâts pris lors des événements, pour l'augmentation de salaire j'avais commencé lors de mon embauche, car à métier égale je doublais mes revenus mensuel, je n'avais donc pas de raison de faire la gréve, bien que je fus augmenté.
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Ven 20 Avr - 12:18

Avant d'entrer dans la narration de ma campagne de mai 68 à la Compagnie des Compteurs de Besançon, même que j'avais loupé le démarrage des hostilités, oublié que j'étais dans le bunker souterrain dans lequel je bossais sur un banc d'essai hydraulique pour tester des têtes de torpilles destinées à l'arsenal de Toulon, je commence par vous situer la boite dans laquelle j'ai bossé de 1965 à 1972 et où donc j'ai participé à la campagne de mai 1968.


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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Sam 21 Avr - 18:41

Avant d’aller plus avant dans ma petite histoire des « évènements de mai 1968 » à la Compagnie des Compteurs de Besançon, une petite explication sur le « bunker » dont je vous ai parlé et dans lequel je bossais et où j’avais été oublié lors du départ du mouvement de grève dans la boîte.

Je travaillais au sein du bureau d’études d‘une division appelée « Usinage de Précision » spécialisée dans la micromécanique, l’armement et l’aéronautique et mon boulot était la conception et la mise au point des moyens de mesure et d’essais en liaison avec les clients, par exemple Dassault aviation (boites de recopie associée à la centrale gyroscopique du Mirage III, le tout assemblé en salle blanche avec double sas d’entrée et pour se moucher il fallait ressortir de la salle), Turboméca (sous ensembles pour les turbines d’hélicoptère), la Marine nationale (têtes de torpilles), des poignées de déclenchement de parachute chrono barométrique, etc.

Tiens, en passant, j’ai retrouvé sur le Web une photo des poignées de parachute qu’on fabriquait, et quand je vois l’état de la coque anodisée rouge après usage, je me dis que les contrôles de réception de l’armée qui ne tolérait aucun défaut d’aspect étaient un peu trop tatillons.


À la construction de l’usine en 1924, une villa avait été construite sur le site pour le directeur et cette villa qui n’était plus un logement comportait, pour des raisons que j’ignore, un bunker souterrain à l’épreuve des bombes en deuxième sous sol et c’est là que j’avais mes bancs d’essai loin de tous (en cas d’explosion personne ne s’en serait rendu compte).

À suivre.

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Dim 22 Avr - 10:45

Mai 68 à Besançon, ça y est c’est parti, la Rodhia, le plus gros employeur de la place avec 3000 employés est en grève, avec occupation du site.
On s’attendait à ce que ça bouge de tous les côtés, car Besançon ne pouvait pas rester à l’écart du mouvement. La fac de lettres de la rue Mégevand était occupée depuis quelques jours, des enragés disait la presse, encore pire qu’à Tolbiac ajoutaient les gazettes.
Les étudiants étaient allés retrouver les syndicalistes avec lesquels ils avaient déjà fraternisé lors de l’occupation de l’usine Rodiaceta du 25 février au 23 mars 1967 et où, pour la première fois depuis 1936 et un an avant les évènements de mai 1968, des ouvriers avaient décidé d’occuper leur usine.

C’était vraiment une usine au centre de la contestation ouvrière. Les conditions de travail y étaient très pénibles (les 4 x 8 en particulier, l’humidité constante et étouffante). Les conflits du travail y étaient monnaie courante depuis des années, impulsés par des sections syndicales fortement implantées, la CFDT y étant majoritaire. Suite à des mesures de chômage partiel à la fin de l’année 1966, des grèves perlées courtes avaient été organisées durant l’hiver. Ces grèves de deux heures avaient lieu le dimanche matin, l’usine tournant en continu. Cette tactique n’affectant guère la production, les syndicats avaient finalement lancé une grève totale qui allait durer cinq semaines, soit une durée exceptionnelle pour des mouvements grévistes à cette période.
La première nouveauté dans l’action syndicale est la décision d’occupation de l’usine avec des piquets de grève en 4 x 8 eux aussi.

L’occupation de l’usine, du jamais vu à Besançon, avait entraîné un fort mouvement de solidarité, local et national.
La radicalité de la grève avait mobilisé aussi plusieurs personnalités du monde de la culture qui étaient venues manifester leur solidarité. Simone Signoret, Yves Montand, Alain Resnais, Jean-Luc Godard, Agnès Varda avaient envoyé aux grévistes des messages de solidarité.

La grève de 1967 avait reçu un soutien très fort de nombreux militants étudiants, parmi lesquels ceux de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR), qui étaient venus aux portes de l’usine pour discuter avec les grévistes.
Et c’est les mêmes qui, en mai 1968, venaient tous les jours à l’usine des Compteurs pour convaincre ces foutus non-grévistes de se joindre au mouvement.

Pour en revenir à la grève de la Rodhia de 1967, tous les ingrédients de mai 1968 étaient déjà là.
Sur le site, un profond mouvement de politisation s’effectue parmi les travailleurs de la Rhodia pendant que les négociateurs syndicaux s’activaient à Paris.
Et in fine alors que la revendication initiale portait sur le refus du chômage partiel, l’accord s’était réalisé autour des augmentations de salaire.
La base n’étant pas d’accord avec cette issue, l’union syndicale explose et si la CGT pousse à la reprise du travail en insistant sur l’importance des augmentations (+3,8 %), la CFDT souligne que rien n’est réglé en matière de chômage et de conditions de travail.
Une partie des ouvriers dresse une barricade devant l’usine et s’arme des lances à incendie. Le 24 mars 1967 au matin, la première équipe est empêchée de reprendre le travail. Les gendarmes mobiles interviennent violemment pour disperser tout le monde, un vote à bulletin secret où, à une très courte majorité, la reprise est votée enterre le mouvement et consacre la division des syndicats, les gens reprenant le boulot avec un sentiment de gâchis et de s’être fait avoir étaient prêts à en découdre à nouveau.
Ce qui nous ramène à mai 1968 avec la Rodhia, première usine occupée à Besançon et avec les étudiants à nouveau fer-de-lance de la contestation.

À suivre.

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Georges le Dim 22 Avr - 11:31

Moi, en Mai 68, j'ai bien: bronzé-bu de la bière-dragué (usine féminine DIM à proximité) .................
et un peu couru, par obligation.......devant les CRS !
 
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Dim 22 Avr - 11:54

Mai 68 à Besançon, suite :

Les unes après les autres les usines étaient occupées, Lip, la Zénit, Kelton-Timex, encore une grosse boîte d’horlogerie et aux Compteurs ça discutait ferme dans les ateliers et les bureaux, mais toujours rien de concret.
Le gros problème c’est qu’on ne savait pas trop quoi réclamer, car on n’était pas si mal lotis que ça en fait, mais bon, quand tout le monde réclame plus d’argent tout en travaillant moins, il est facile de se mettre au diapason.
À l’époque on faisait en moyenne 47 heures et demie par semaine et il fallait franchir le poste de gardiennage 15 minutes avant l’heure de prise du travail sinon on trouvait porte close et il fallait s’inscrire sur le registre du gardien puis attendre 30 minutes que les portes ouvrent à nouveau.
Si on arrivait en retard de moins d’une demi-heure, le gardien téléphonait au chef pour savoir si on était autorisés à rentrer et si le retard était de plus de 30 minutes on ne pouvait pas rentrer avant la prise de poste suivante.

Donc on se disait que si la discipline était moins stricte, les salaires plus élevés et les temps de travail plus courts, ce serait pas mal du tout, mais on osait pas trop bouger.

Les militants des JCR qui n’avaient plus guère d’autres chats à fouetter puisque pratiquement tout ce qui pouvait faire grève était déjà en grève étaient de plus en plus présents aux portes de l’usine et il allait bien falloir faire grève et occuper l’usine comme tout le monde, mais quand ?

Ça c’est décidé sans prévenir un jour où j’étais dans mon bunker en train de me gratter la tête, car je ne comprenais pas pourquoi je n’arrivais pas à faire monter la pression de test de mon banc d’essai hydraulique de têtes de torpilles au delà de 120 bars alors que je visais 180 bars.
Quand je suis sorti pour retourner au bureau je me suis retrouvé tout seul, un vrai désert, même la « Réré », la secrétaire célibataire très sympa, mais très coincée du bureau d’études, même qu’on cherchait en vain à la marier depuis des années, n’était plus là, ils étaient tous partis à la manif pour rejoindre les étudiants qui jouaient au chat et à la souris avec les CRS devant la fac de lettres.
Il ne restait plus que les piquets de grève et l’équipe d’occupation de l’usine.
Ben merde alors, je venais de louper l’entrée en guerre.
Demain c’est promis, je rejoindrais les collègues pour la manif de l’après-midi, car j’avais trouvé sur mon bureau un papier qui me donnait rendez-vous pour le lendemain en me recommandant de ne pas oublier mon jeu de tarot, et je me demandais bien à quoi ça allait me servir pour une manif contre les gendarmes et la société capitaliste.
Le lendemain j’ai tout compris, le bureau d’étude marchait fièrement groupé en queue de cortège et dès qu’on arrivait à l’intersection de la rue du petit Charmont notre groupe s’éclipsait discrètement sur la droite et pénétrait comme un seul homme dans un bistrot qui allait devenir notre QG jusqu’à la fin de la guerre.
En fin d’après-midi, quand le groupe des compteurs remontait la rue sentant bon le lacrymo et les bannières déchirées on réintégrait discrètement notre place à l’arrière du groupe et on rentrait à l’usine en vaillants combattants même pas fatigués.

Le trajet de la manif des Compteurs :


La localisation du QG de campagne du bureau d'études des Compteurs :


Le QG :


Voilà pourquoi je n’ai jamais rien vu des manifs et des bagarres autrement qu’à la télé.

J’ai donc « fait mai 68 », mais plutôt symboliquement.

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Michel le Dim 22 Avr - 13:19

Je ne sais quelle date de mai, mais  c'était un dimanche avec un collègue le seul d’ailleurs, notre patron et son frère, ne travaillant avec nous a ce moment la, étions parti a expomat se tenant au  Bourget maintenant a Villepinte, avons passé par les boulevards des maréchaux bien sur il n'y avait pas de perif et les poubelles montaient jusqu'au premier étage et il y avait quand même l'autoradio ce n'était plus la préhistoire et celle-ci annonçaient des manifs sur  les rues adjacentes
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Dim 22 Avr - 20:55

Tu devrais retrouver la date, c'était sans doute le dimanche 19 mai d'après la hauteur des ordures dans les rues. lol!

Une vidéo INA des manifs du quartier latin en mai 1968 :



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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Michel le Lun 23 Avr - 9:00

Jean-Marie a écrit:
Tu devrais retrouver la date, c'était sans doute le dimanche 19 mai d'après la hauteur des ordures dans les rues. lol!

Une vidéo INA des manifs du quartier latin en mai 1968 :


Si tu le dis, j'ai bien du mal à me rappeler précisément ce que j'ai fait hier, alors tu n'a qu'à voire 50 ans et 4 jours.
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  marcel le Lun 23 Avr - 13:37

En 1963, la voie ferrée entre Saint-Raphaël et Cannes n'était pas encore électrifiée.
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_lignes_de_chemin_de_fer_de_France : Liste des lignes de chemin de fer de France
-
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Marseille_-_Vintimille : Ligne Marseille - Vintimille
-
Mise en service de l'électrification en courant alternatif 25 kV :
-
10 septembre 1965 de Marseille aux Arcs (et ligne jusqu'à Hyères) ;
12 septembre 1967 des Arcs à Saint-Raphaël ;
13 février 1968 de Saint-Raphaël à Cannes ;
28 janvier 1969 de Cannes à Vintimille.
-
J'habitais à Cannes tout près de la voie ferrée et on voyait la fumée des locos à vapeur.
Et surtout, on entendait leur bruit... jusqu'à 1968.
*

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  marcel le Lun 23 Avr - 14:05

J'avais été embauché en 1963 comme Ingénieur d'Essais au Service Mesures-Télémesures de Sud-Aviation à Cannes.



Noter les Bureaux, les Classeurs et les Chaises en bois verni. Sur la table, un antique Téléphone Noir à cadran en bakélite des années 60.  Et sans doute aussi, une blouse blanche.

Dans les bureaux situés coté chemin de fer, qui n’a été électrifiée qu’en 1968, il était impossible de tenir une conversation téléphonique lorsque passait un train à vapeur avec sa puissante locomotive 141 P.

Parmi leurs revendications, les Syndicats avaient demandé à la Direction d’insonoriser les locaux, ce qui n’avait évidemment, à l’époque, aucune chance d’aboutir…
C’est pourquoi, toujours pragmatique et pince sans rire, j’avais dit qu’il aurait mieux valu demander à la SNCF d’insonoriser ses locos !

Et avec l'électrification, mon souhait s'est enfin réalisé !
-
Nota : cette photo a été prise pendant la grève de 1968, où le personnel avait débrayé.
Ce qui explique les verres et les bouteilles quand nous prenions un petit casse-croute.
=En 1968, à la suite de la grève générale et illimitée, la liaison ferroviaire a été interrompue. .

Il y a une profonde différence entre le lockout de l’usine de Cannes en mai 1965 et les évènements de 1968.

Dans le premier cas, en 1965, les employés venus le matin pour travailler ont trouvé les grilles fermées, par la volonté du directeur. Ils se sont retrouvés « à la porte », au sens propre, comme au sens figuré. Ils ont été « débauchés », ils ne faisaient plus partie du « personnel ».  C’était une réaction brutale de la part de la direction, en l’occurrence Louis Marnay, face aux revendications des travailleurs. Ils ont tous été « virés ». C’est pourquoi leur embauche a nécessité un nouveau contrat de travail.

Dans le second cas, en 1968, non seulement l’usine de Cannes était restée « ouverte » pour le personnel, mais en plus, c’était lui qui occupait les locaux. ..Je me souviens qu’on a bivouaqué dans les bureaux, et qu’on y a dormi plusieurs nuits. J’avais amené un des tout premiers magnétophone à cassette Philips de 1963 et même un gros magnétophone à bande Teppaz. J’avais enregistré des chansons de Brassens sur une cassette, et je ne me privais pas de le passer en boucle, en particulier,  en l’absence de notre collègue Lucien la chanson « Quand je pense à Fernande, …  ,mais quand j’pense à Lulu… ». Après tout, Carla bruni l’a bien enregistrée, elle aussi !

https://www.dailymotion.com/video/xh5m9t_carla-bruni-fernande-de-georges-brassens_music


Dernière édition par marcel le Lun 23 Avr - 14:33, édité 1 fois

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Lun 23 Avr - 14:25

En voyant le téléphone moderne en bakélite noire de Marcel, ça me rapelle qu'au magasin outillages de la Compagnie des Compteurs, le vieux magasinier avait un téléphone mural à cornet laiton qui datait de la construction de l'usine en 1924, on disait qu'il était aussi vieux que son téléphone.



Le cornet de son téléphone brillait comme un corps d'harmonie du Berliner Philharmoniker toujours bien astiqué avant chaque concert filmé.lol!


Dernière édition par Jean-Marie le Lun 23 Avr - 17:31, édité 1 fois

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Lun 23 Avr - 17:26

J'ai retrouvé quelques photos d'illustration de la Compagnie des Compteurs de Besançon à l'époque où j'y bossais :

Le bureau d'étude outillages où j'ai gratté sur ma planche à dessin de 1965, après chez Lip, jusqu'à 1967 et mon affectation au département UP méthodes qualité.
Je ne suis pas sur la photo, cherchez pas, mais j'avais la même table à dessin et la même blouse :


Le bâtiment vu depuis l'école d'horlogerie de l'autre côté de la rue avec la localisation du bureau de la photo précédente :


Et enfin une vue où l'on voit la villa sous laquelle j'avais mon bunker, le bureau d'études UP et la salle blanche dont je vous ai parlé.


Pfff, c'est si loin et c'était hier.

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Michel le Lun 23 Avr - 18:54

Je recherchais le lieu ou j'avais œuvré après 68 je me souviens que la grande ceinture de gaz s'engageait dans une allée de la foret de Senart  je n'ais pas retrouvé mais voici une belle encore en action, alors que le gendarme sur le perchoir provisoire au carrefour le week-end est remplacé par un feu et peut être par un pont vu les travaux en cour
 



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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Georges le Lun 23 Avr - 19:43

Mais vous aviez des planches de gamins !
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Bernard le Mar 24 Avr - 8:04

Pour mai 1968 je ne me rappelle sourtout que cela, et les rails rouillés mais surtout les rangées des véhicules des gardes mobile avec l'arme au pied.
Après les grèves avec mon frère "nous étions délégués a la CGT" nous avons été poussés par la porte avec beaucoup de rancœur par l'abandon de nos collègues . qui furent quand même content d'avoir perçues la presque intégralité de leur salaire.  

Que des bons souvenirs. photos du net




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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Jean-Marie le Mar 24 Avr - 12:27

Georges a écrit:
Mais vous aviez des planches de gamins !

Erreur Monseigneur, quand on fait dans la micro mécanique, on utilise des microplanches à dessin.

Aux Compteurs comme chez Lip les gros Ø c'était à partir de 5 mm, et on cotait d'ailleurs les dimensions en µm au lieu de mm pour éviter d'avoir à traîner des chiffres après la virgule.
On avait par exemple Ø 1320 / 0 + 3 au lieu d'écrire Ø 1,320 / 0 + 0,003 ce qui limitait les risques d'erreur.

Une vue de l'atelier de tournage qui montre qu'il n'y avait pas besoin de palan pour soulever les pièces, les tourneurs étaient tous des OP2 ou Op3, il y avait aussi une catégorie au-dessus qu'on appelait les maîtres ouvriers, le tourneur au premier plan porte une cravate, c'est donc très probablement un maître ouvrier :


À l'époque, comme vous l'avez connu aussi, on calculait tout à la main et on avait eu notre première machine à calculer scientifique (à engrenage) en 1965 ce qui nous donnait le temps d'aller aller boire un café pour la laisser faire ses grouing grouing et nous calculer une racine cubique avec douze décimales.

En 1966 j'étais en charge des méthodes qualité pour les ateliers de pivotage et décolletage et j'étais très fier d'avoir mis en place le SPC (1) de fakir dans les ateliers pour faciliter l'analyse statistique des résultats de contrôle des opérateurs en autocontrôle.
Comme tout se calculait à la main et que bien sûr les stations de contrôle SPC n'avaient pas encore été inventées, j'en avais eu l'idée en (re)lisant Tintin et le Lotus bleu :


J'avais donc bricolé des planchettes munies d'une rangée de tiges de stub Ø 2 mm longueur 200 mm, une planchette par dimension contrôlée avec une tige marquée tous les 5 µ correspondants aux écarts mesurés par rapport à la cote nominale visée.
L'opérateur enfilait une rondelle sur la tige correspondant à la mesure de l'écart au lieu d'inscrire une dimension sur un document papier et ainsi, au fil de temps il construisait l'histogramme de la distribution et voyait d'un simple coup d'œil où se situait la moyenne et si la distribution était trop large et pouvait donc sortir des limites, même si ce n'était pas le cas sur les pièces échantillonnées. À partir de cette simple observation il pouvait donc retoucher ses réglages avant que les queues de distribution ne sortent de la tolérance, et tout ça sans aucun calcul.

On avait donc physiquement la représentation des distributions des dimensions selon la loi normale (courbe de Gauss) ou les distributions selon la loi de Rayleigh pour les mesures unidirectionnelles (2) comme les mesures de concentricité ou de voilage par exemple.


Tous les soirs j'allais comptabiliser les rondelles sur les planchettes et je rentrais toutes les données sur des feuilles de calcul à la main (quel boulot avec les extractions de racines carrées al mano) pour pouvoir publier les résultats statistiques.

Il en fallait du monde à l'époque et c'est fou tous les trucs oubliés qui me reviennent à l'occasion de ce fil.

(1) SPC = Statistical Process Control, en gaulois on dit Maîtrise Statistique des Procédés.
(2) Dans ce cas de figure on ne peut jamais être pile poil à zéro et les lois normales tronquées utilisées couramment par les mathématiciens et les statisticiens qui n'ont jamais bossé sur une machine outil ne valent pas un clou.


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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Alain le Mer 25 Avr - 7:13

Pour ma part, mais 68, ça a plutôt été la galère...
Arrivé en Provence en septembre 67 pour ma nouvelle affectation, j'étais seul...
Je venais du Jura, et j'avais à l'époque un CCP à Lyon.
L'informatique était limitée, et, à chaque retrait, une carte se promenait entre le centre et l'agence postale...
Ma carte était partie à Lyon, et ne revenait pas....il me restait 3 francs pour toute fortune.
Je me suis acheté 5 kg de riz, et me suis mis au régime asiatique pendant au moins 15 jours...
Lorsque je n'ai plus eu de riz, je suis parti en stop dans le Jura, chez ma mère, et je ne vous raconte pas le voyage, qui a duré plus de 24 heures...
A part ça, les manifs... dans ces conditions de précarité, elles passent un peu au second plan !
J'étais bien sur partie prenante dans ce mouvement, mais comme vous le voyez, je l'ai plutôt subi que vécu en contestataire.
Voilà tous mes faits d'armes en cette période !!!

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Georges le Mer 25 Avr - 11:21

JM a écrit:Aux Compteurs comme chez Lip les gros Ø c'était à partir de 5 mm, et on cotait d'ailleurs les dimensions en µm au lieu de mm pour éviter d'avoir à traîner des chiffres après la virgule.
Ah oui, je vois, pas la même catégorie que moi: de la grosse ferraille, des tôles e=40mm, du matériau courant

"L'ordinateur"que j'utilisais en 1968 (en plus de la règle à calcul)

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Edouard le Mer 25 Avr - 11:48

Je n'ai pas trop de bons souvenirs de cette époque. Je travaillais dans une PME et nous n'avons pas arrêté le travail. La boite n'aurait pas survécu à quatre semaines de fermeture.
C'est après que cela s'est compliqué. L'activité a repris mais lentement. Certains de nos gros clients ont fermé, d'autres ont délocalisé et le marché est devenu difficile pour les petites boites.

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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  DUQUERROY Jean Pierre le Mer 25 Avr - 12:48

Pour nous le problème a été vite résolu : Notre entreprise ne travaillant presque exclusivement que pour la SNCF, nous étions au chômage technique car nous n'avions pas de protection pour intervenir bien que les trains ne circulaient pas beaucoup ! Notre activité s'est réduite aux interventions sur les embranchements particuliers (Centrales EDF, et les voies de desserte des zones portuaires (Gennevilliers) ainsi que les grosses entreprise céréalières, dépôts pétroliers, etc...) Les déplacements de nos poseurs étaient difficiles car ils ne se déplaçaient que par le train !!!
A la fin des grèves, il a fallu mettre les bouchées doubles !
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Alain P le Mer 25 Avr - 15:04

Pour ma part j'étais en stage ....il a été interrompu jusqu'à la fin de la grève.
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Re: Et si on se racontait chacun nos mai 1968.

Message  Michel le Mer 25 Avr - 18:48

Georges a écrit:
JM a écrit:Aux Compteurs comme chez Lip les gros Ø c'était à partir de 5 mm, et on cotait d'ailleurs les dimensions en µm au lieu de mm pour éviter d'avoir à traîner des chiffres après la virgule.
Ah oui, je vois, pas la même catégorie que moi: de la grosse ferraille, des tôles e=40mm, du matériau courant

"L'ordinateur"que j'utilisais en 1968 (en plus de la règle à calcul)



Hé ben dans la gonfle en 66, on avait des FM de la guerre de 14, mais la!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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Michel

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