MAI 68

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MAI 68

Message  MEDRANO le Jeu 17 Avr - 21:14

Puisque tout le monde en parle, sans prendre position, je puis témoigner.

Je travaillais Boulevard de la bastille dans le 12 ème, presque face à la passerelle de l' Arsenal. Cela s' est mis à bouger quartier latin et dans toutes les facultés. Les manifs étaient quotidiennes dans presque tout Paris. On levait des barricades. On coupait les arbres rue de Charonne et plus. Un magasin d' armurerie a failli passer aux mains des manifestants, in extrèmis. Les entreprises débrayaient les unes après les autres. Il n' y avait plus de transports en commun. Et bientôt la circulation se raréfiait faute de carburant. On distribuait l' essence par dix litres. Enfin, dans ces bureaux d' études on finit par décider la grève, plus par opportunité que par conviction. Un nouveau syndicat se portait en avant des discutions, la CFDT. La direction disait que la grève dans un BE ne servirait à rien. Nous avions les maquettes du support de la flamme olympique de Grenoble dans le hall.
Les denrées alimentaires commençaient à manquer. Nous avions sorti un max de monnaie de nos comptes avant que les bureaux de banques ne ferment à leur tour. On faisait des stocks de nourriture. J' étais militant à la CGT et nous allions garder les permanances de jour et de nuitpar peur de sacages par les étudiants. J' avais à la maison une petite fille de quatre mois. Je commençais à me poser des questions. En rentrant un soir, j' avise une station service aux limites de Pantin. Le gars me dit : combien ? Je lui répond, ce que vous pouvez. Je vous fais le plein, si vous voulez. Moi, dès que je n' ai plus d' essence, je ferme et je me tire dis-t-il. Alors je suis rentré avec mon plein et nous avons fait les valises. A 23 heures nous sommes partis. Vers ou ? en Auvergne, dans le cantal, chez les beaux Parents. parce que nous nous sommes dit que là nous aurions toujours à manger, en particulier pour les enfants.
Et là, des vivres comme normalement, de l' essence comme s' il en pleuvait. La banque qui distribuait du liquide sans que les comptes soient débités. Parce que les commerçants n' acceptaient pas l' échec, les chèques. Une pratique qui n' était pas de mise à l' époque ici. Avec le beau-père, on allait travailler dans les fermes. Juste pour le repas de midi, quelques fois du soir.
Il n' y avait pas de téléphone. On ne communiquait pas beaucoup. Alors on a attendu. Quoi ? que le bruit s' estompe. Fin juin, on est rentré. On est allé voir dans les cabanes certains avaient repris le travail, d' autres pas. Les transports redevenaient normaux progressivement.
Mais la planète pour nous avait changé de gueule. Avec les accords de Grenelles, je crois bien. Et les suites politiques.
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! Février 69 ?

Message  Invité le Ven 18 Avr - 17:16

Mai 68 : Mai(s) qui ça intéresse ? L'un dans l'autre 2 personnes directement Exclamation
Mai - Février : Compter le nombre de mois et vous trouverez...
Mai 68 : Un seul souvenir pour moi = OvFred rencontre SpFred et pis c'est tout !

M'enfin, c'est vrai, faudrait surtout causer de ça !
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Re: MAI 68

Message  Alain le Sam 19 Avr - 10:27

En mai 68, je vivais seul à Brignoles, commune un peu perdue dans le Var.
Je te rejoins, Dan, même militantisme que le tien...
En grêve bien sur, pour ma part, dès la première heure...
Mais là ou ça devient moins marrant, c'est que la poste aussi se met en grève, et pour encaiiser les 4 sous qui restent sur mon compte, ...... Wallou !!!
Je me souviens, il me restait 3 francs...
Je me suis dit : si ça dure un mois, je fais quoi, moi ?
J'ai alors acheté 5 kg de riz, me disant que les chinois ne mangeaient que ça, et que je tiendrai le coup.
Au bout de 15 jours, j'en avais vraiment marre, du riz, j'ai alors compté ce qui me restait comme pognon, juste de quoi acheter une boite de choucroute !!!
Je l'ai engloutie, et je me suis régalé (elle devait pourtant être bien dégueulasse, la choucroute, et on ne me la ferait pas avaler aujourd'hui...)
Bien calé, j'ai pris mon baluchon, et suis parti en stop chez mes parents... 500 bornes, plus d'essence, c'était un peu gonflé, mais je suis parti à 14 heures, et à 2 heures du mat, j'étais arrivé.
Là bas, presque pas de trace d'évènements, à manger, il ne restait plus qu'à attendre la fin, douillettement installé chez maman....

PS: aujourd'hui encore, si je viens manger chez vous... pas de riz, siouplait, je peux plus le voir !

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Re: MAI 68

Message  MEDRANO le Sam 19 Avr - 20:50

Oui copain, je dois dire que j' ai eu un bon coup de bol cette fois là. Je crois bien que j' avais sorti un max de fraîche la veille de la fermeture des banques.
Le riz ne m' a jamais inspiré un grand attrait gustatif. les années cantine y sont sans doute pour un peu. Quand on a relancé le riz avec les Thaï, les basmatti et consort, ça m' a procuré un petit regain d' intérêt. Maintenant, c' est, à la maison réservé à l' accompagnement des poissons et de mes chers rognons de gorets. Un peu avec la ratatouille dont alaquelle je ne cours pas après. Il faut bien vous dire, mes bien chers tous que si à l' époque du sud j' ai aimé manger épicé ( mais pas en même temps) Depuis cette habitude m' a abandonné... Sans doute à cause des enfants en bas age et de la mousmé pas habituée à ce traitement. Sinon, dans le sud, en été, si tu ne pimentes pas, tu perds la pétit. Alors, je l' ai déjà raconté, nous avions presque tous notre bocal à la poche. De l' huile d' olives, du sel, du poivre, du piment de cayenne, des tomates, de l' ail en quantité. Et c' est tout juste si on n' en mettait pas sur les éclairs au chocolat.
Et là, le riz cuisiné par notre copain le Pondichérien, en rogaille avec des lambeaux de chair de poulet, on le trouvait bon. Excellent même.
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Mai 68

Message  Bernard le Dim 4 Mai - 22:05

Que de souvenirs mai 68, 69 aussi c'était l'année de mon mariage. 68 je travaillais boulevard de la chapelle 11em non 9èm enfin a coté de barbés quel bazar, les grèves, les manifs, dont celle bastille denfert- rochereau
plus d'un million de participants, plus de trains, plus d'essence, plus de cigarettes, plus de pognons
et j'avais 23 ans
MERCI macgyver pour la signature
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Re: MAI 68

Message  MEDRANO le Lun 5 Mai - 8:59

Boulevard de la Chapelle, c' est la limite entre le 18 ème et le 10 ème. En prolongement du Boulevard Rochechouard et coucourant avec le boulevard Barbes.
Alors, dis-nous, que faisaient ces dames en cette période mouvementée ? La grève, ou bien elles ont travaillé comme jamais. ?
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Message  Bernard le Lun 5 Mai - 9:36

Ces dames pendant leurs poses allaient boire un petit jus dans un bar devant l'entrée de mon lieu de travail, elles étaient très sympa mais quant elles bossaient il y avait la queue!!!!!!
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Re: MAI 68

Message  Invité le Lun 5 Mai - 11:10

Mai 1968, je n'ai retrouvé qu'une seule photo, il est vrai qu'on avait pas trop la tête à faire des photos :


Cette photo montre une partie des membres du comité d'entreprise de la Compagnie des Compteurs de Besançon (maison mère à Montrouge) avec la secrétaire CGT en vert au centre et les "nouveaux couples" qui se formaient parmi les militants occupant l'usine en 3x8.

J'étais délégué CFDT 2ième collège mais je n'étais pas un assidu des manifs dures qui voyaient tous les jours une délégation partie des Compteurs (juste en face de l'école d'horlogerie) aller rejoindre les étudiants pour affronter avec eux les CRS.

En fait, avec mes potes du bureau d'étude on quittait la boite tous les matins en queue de cortège, on se laissait rapidement distancer par le groupe qui s'échauffait en répétant les slogans et, arrivés en haut de la rue Battant, on s'éclipsait discrètement dans un café où on tapait le carton en attendant que nos gros bras de la CGT surexcités par la révolution qui allait chasser les bourgeois remontent de leurs séances quotidiennes de baston avec les CRS au centre ville et on rentrait tous au bercail.

Nous avions déjà notre fille, âgée de 11 mois.
Aussi, pour ne pas prendre de risques, j'avais pris la précaution de sortir nos économies en espèces avant que ça ne chauffe trop.

Après trois semaines d'occupation, mon chef de service (qui était mon ancien chef scout) était venu me voir à la maison pour tâter le terrain et me suggérer de travailler à une sortie honorable du conflit.

Avec les potes du bureau d'étude on s'est alors mis à bosser sur un concours de revendications à satisfaire, on a fait une belle liste puis on est allé la vendre à la CGT qui, à notre grande surprise était vachement contente d'avoir un truc à mouliner puis on est allé ensuite ensemble proposer notre "liste de course" à la direction, pour découvrir, nouvelle surprise, qu'eux aussi étaient tout contents de pouvoir enfin avoir prise sur quelque chose de concret.
En moins de trois jours la direction avait accepté les deux tiers de notre liste de revendications (hausse des salaires, nouvelle grille d'indices, lavage des blouses, les portes de l'entreprise allait cesser d'être fermées cinq minutes avant l'heure d'embauche et les retardataires n'allait plus perdre leur matinée etc etc, il faut dire qu'on avait une vraie liste à la Prévert.

Le truc qui m'avait le plus emmerdé c'est que les cardans de ma R4 super modèle 64 étaient déjà foutus à cinquante mille km et qu'il n'y avait pas moyen d'en trouver chez Renault, pour cause de grève à Billancourt bien sûr, ce qui fait que je n'ai pas eu à me soucier du manque d'essence, je n'osais même pas rouler avec ma caisse.

Sur un plan technique, et pour la petite histoire, j'ai compris quelques années plus tard pourquoi les cardans de ma R4 avaient lâchés aussi vite : les billes rectifiées n'étaient pas rondes par suite d'un défaut de rectification et les moyens de mesure mis en œuvre par Renault, c'est-à-dire mesure du diamètre au micron entre deux touches, ne permettaient pas de déceler le défaut de circularité de la bille qui était triangulée (triangle curviligne parfait) et à l'époque seul Peugeot était équipé pour mesurer correctement la circularité et la sphéricité.
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Re: MAI 68

Message  MEDRANO le Lun 5 Mai - 17:23

Bernard, c' est à peu près la même celle-là :

Nouvelle brève :

Un camion transportant du Viagra se renverse dans un virage. Trois kilomètres de queue
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Re: MAI 68

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