VIVE LA BOMBE

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Mer 12 Juin - 11:02

franchement, ce qui me heurte le plus : c'est que les "gradés" se soient protégés et restent à l'abri pendant ces essais nucléaires tout en envoyant les "non gradés" se faire irradier et se faire contaminer Crying or Very sad
Que ces "gradés d'active" soient ignares en risques nucléaires, je veux bien l'admettre, mais j'aimerai qu'ils m'expliquent pourquoi ils se sont si bien protégés et pourquoi ils sont restés si loin. Et les "gradés appelés", ils étaient quand même moins ignares qu'eux, mais ils se sont apparemment comportés de la même façon...
Ils en ont reçu l'ordre : trop facile comme réponse...
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Georges le Mer 12 Juin - 11:26

ton nouvel avatar risque de se "dégonfler"
Non non, c'est pas du factice !
Quand il y avait des exercices, nous autres, les chauffeurs avions un petit avantage, nous restions à l'abri pour garder les bahuts.
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Georges

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Mer 12 Juin - 15:11

Alain a écrit:Et les "gradés appelés", ils étaient quand même moins ignares qu'eux, mais ils se sont apparemment comportés de la même façon...
Ils en ont reçu l'ordre : trop facile comme réponse...



Les gradés appelés étaient considérés de la même façon que tous les autres militaires du contingent, comme de la viande sans valeur dont on disposait à volonté.
Les gradés d'active les méprisaient souvent et considéraient qu'ils étaient "incompétents" Ils n'avaient pas fait Saint Cyr ni fréquenté les bordels Indochinois, ce n'étaient donc pas des combattants...
De plus, si nous* avions eu l'idée de nous protéger ou de filer, il aurait fallu en avoir les moyens.

De ceux que j'ai connu, beaucoup étaient inconscients du danger, d'autres avaient peur ou étaient fatalistes mais tous sont restés avec leur groupe ou leur section. Les meilleurs d'entre eux l'ont fait parce qu'ils ne voulaient pas abandonner les copains mais la grande majorité ne savaient surtout pas quelle décision prendre...
Ils n'avaient justement pas reçu d'ordres...
Et puis, en pleine zone ou au milieu d'un nuage radioactif, fuir pour aller où ?

* Je dis nous car j'en faisais partie
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Edouard

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Jeu 13 Juin - 9:14

Bon, après toutes ces années, il est facile pour moi de "critiquer" l'attitude de ceux qui ont vécu la fin de la guerre d'Algérie au Sahara et les "expériences nucléaires" du Sahara : je n'étais au Sahara que de février 66 à février 67 après tous ces "épisodes".
Et j'ai fait mon service militaire en tant qu'aspirant (8 mois) puis sous-lieutenant (4 mois, mais j'ai continué à porter mes barrettes d'aspirant pendant ces 4 mois) dans le Génie, une arme qui est plus technique que militaire, et où la discussion et la concertation étaient admises entre soldats et officiers (mis à part deux lieutenants ORSA plus cons que la moyenne…).

Depuis que je vous lis (Edouard et les autres), je me demande comment j'aurais réagi dans votre situation…
Je pense que j'aurais exigé au minimum une protection individuelle pour toute ma section (tenue étanche, bottes, gants, masque à gaz), et expliqué les risques encourus à ces soldats pour qu'ils comprennent pourquoi ils devaient porter cette tenue. Certes nous aurions été irradiés, mais pas contaminés…

Ces moyens de protection individuels existaient certainement au Sahara, mais ils ont dû rester en caisse pour des raisons de flemme administrative.
Evidemment, dans des Armes comme la Colo, je ne sais pas si une telle exigence aurait été possible sans casse...

Le seul militaire (un appelé) de ma famille que j'admire, c'est mon grand-père qui - capitaine pendant la guerre de 14/18 - a été dégradé pour avoir refusé de céder à des officiers "dits supérieurs" la grange où il avait logé ce qui restait de sa compagnie…

Quant à la "viande sans valeur des appelés" de ma famille, leurs noms sont gravés sur les monuments aux morts de leurs villages, et je suis le dernier "Pupille de la Nation" de ma famille (mes enfants auront au moins échappé à cette malédiction…). Alors l'avis des Saint-Cyriens…


Dernière édition par Alain B le Jeu 13 Juin - 9:59, édité 1 fois
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Message  Georges le Jeu 13 Juin - 9:56

Alain B a écrit:Évidemment, dans des Armes comme la Colo, je ne sais pas si une telle exigence aurait été possible sans casse...








Effectivement, pour nous, c'était très difficile d'avoir des exigences (et même une concertation).
Une fois cependant, pour garder les débris d'une "alouette" tombée en zone contaminée, nous avons eu droit à un équipement: tenue blanche- bottes-masque à gaz.
Malheureusement, nous n'avons pas pu conserver le masque, avec la chaleur, on ne voyait plus rien, et nous avions des difficultés à respirer.
Donc on s'est dit: fichu pour fichu...........Mais nous avons quand même évite de faire de la poussière ou de s'asseoir dans le sable, l'inquiétude était présente.

 

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Jeu 13 Juin - 15:07

alain a écrit:Je pense que j'aurais exigé au minimum une protection individuelle pour toute ma section (tenue étanche, bottes, gants, masque à gaz), et expliqué les risques encourus à ces soldats pour qu'ils comprennent pourquoi ils devaient porter cette tenue
En tant que section décontamination, nous disposions de ce matériel et l'utilisions... Nous avions une formation théorique de base et savions à quoi nous en tenir.
Nous étions 25 ou 28 dans la section et il y avait 3000 militaires à In Amguel...

Combien disposaient du même matériel et des mêmes informations ?

Ce matériel était disponible à la déconta du Point Nord pour ceux qui entraient en zone de ce côté de la montagne.

Le génie ainsi que de nombreux autres venaient s'équiper tous les matins et passaient toujours au contrôle à leur retour de mission en zone.
Il semble que ce n'était pas le cas de tous...
Notre Bernard (GBO) raconte sur ce forum être entré en zone contaminée (il en ouvrait les grilles) sans protections particulières... Ses chefs étaient-ils conscients du danger auquel ils l'exposaient en l'envoyant à cet endroit ?

S'ils ne l'étaient pas, c'étaient des crétins incompétents et s'ils l'étaient, c'étaient des criminels.

Il faut hélas rappeler que dans notre glorieuse armée, ceux qui sont devenus criminels par incompétence sont si nombreux... La taille et le nombre de nos cimetières militaires le prouvent...
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Ven 14 Juin - 17:11

Pendant mon service à Colomb-Béchar de février 66 à février 67, à chaque fois que je faisais un convoi entre Colomb-Béchar et In Amguel, j'empruntais le compteur Geiger au fonctionnement capricieux à un adjudant ou un adjudant-chef (je ne me souviens plus...) du 71ème BG qui avait cet appareil non militaire en sa possession : ça m'a permis de ne pas ramasser n'importe quoi du coté de Reggan ou du Tan Affela, et de ne pas m'arrêter n'importe où, quand ce fichu compteur Geiger daignait fonctionner. Dans le doute, je laissais sur place ou je ne restais pas Smile

Idem quand j'ai traversé ou que je suis passé à proximité des champs de tirs américains du Nevada et de l'Idaho en 2005, je ne me suis pas attardé quand j'ai vu les tas de déchets divers assez peu protégés le long de la route, je n'avais pas de compteur Geiger à ma disposition. Le peu de protections physiques et les quelques rares panneaux d'interdiction me rappelaient vraiment le Tan Affela de 1966 Neutral

Qu'ils soient issus de Saint-Cyr ou de West-Point, ils ont le même comportement hallucinant Crying or Very sad
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Message  Michel le Jeu 1 Déc - 17:25

Pas de dernier jus, mais Bernard si tu as bus de l'eau à ARAK


Dimanche, 16 Février 2014 14:54

C’est une carte qui fait froid dans le dos. Classée secret-défense par l’armée pendant des décennies, elle vient d’être déclassifiée dans le cadre de l’enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d’essais nucléaires français (dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970).

Pour la première fois, le grand public découvre l’étendue exacte des retombées nucléaires radioactives des essais aériens réalisés par la France dans le Sahara algérien. Sur cette carte, que nous dévoilons aujourd’hui, les mesures de l’armée française montrent que, loin de rester cantonnées au désert, les retombées ont recouvert toute l’Afrique du Nord et même subsaharienne. On constate ainsi que treize jours après le tir de la première bombe aérienne française, la fameuse Gerboise bleue, des retombées radioactives atteignent les côtes espagnoles et recouvrent la moitié de la Sicile !

Des normes de radioactivité dépassées à certains endroits

Quelles étaient les doses enregistrées ? Dans les documents secret-défense, les militaires assurent qu’elles étaient «généralement très faibles» et sans conséquences. «Cela a toujours été le système de défense de l’armée», explique Bruno Barillot, spécialiste des essais nucléaires. C’est lui qui a analysé ces documents déclassifiés, obtenus par les associations qui ont porté plainte. «Sauf que les normes de l’époque étaient beaucoup moins strictes que maintenant et que les progrès de la médecine ont démontré depuis que même de faibles doses peuvent déclencher, dix, vingt ou trente ans plus tard, de graves maladies.»

Autre découverte, les militaires reconnaissent qu’à certains endroits les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N’Djamena. «La carte du zonage des retombées de Gerboise bleue montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère, explique Bruno Barillot. Personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires.»

Un accès restreint aux archives

Les associations de victimes souhaiteraient obtenir d’autres informations. «Mais pour l’instant, le fonctionnement de déclassification n’est pas satisfaisant, dénonce Bruno Barillot. Malgré la demande des juges d’instruction, l’armée n’a communiqué que des archives soigneusement triées, dans lesquelles il manque des pans entiers de données. Il faut réformer l’accès à ces informations si on veut connaître la vérité.» Une accusation réfutée hier par le ministère de la Défense : «Les documents ont été choisis par une commission consultative indépendante à laquelle l’armée ne participe pas», explique le service de communication.

Quant aux nouvelles informations sur les retombées, le ministère, ne les ayant pas consultées, «n’a pas de commentaires» à faire. La France devra-t-elle un jour indemniser les populations algériennes ? Le sujet reste une épine diplomatique entre les deux pays. A plusieurs reprises, l’Algérie avait menacé la France de rétorsions, sans aller jusqu’au bout. Si l’Etat algérien ne bouge pas, la société civile, elle, s’empare du dossier. Des juristes et des avocats participent régulièrement à des colloques pour faire reconnaître les conséquences des essais en Algérie.
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Gérard le Jeu 1 Déc - 18:01

Shocked  study

Il y a quelques années , nos " chers " députés ont voté un texte qui rendait IMPOSSIBLE DÉFINITIVEMENT
tout accès aux documents concernant l' arme nucléaire , et par extension aux essais du même métal !

Donc , pas de panique , et vous pouvez reprendre une activité normale  .



affraid
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Bernard le Jeu 1 Déc - 18:17

Bien sur que j'ai bu de l'eau a Arak, et a In Eker chaque jour, et j'ai certainement conduit le GBO citerne du Tanatarm qui devait être le plus pollué de cette région.
Pourtant j'aimais quand on m'envoyé le prendre pour faire le plein d'eau a In Eker hélas trois fois hélas si j'avais su j'aurai mis un slip en plomb.

Quand même 71ans................... pourvu que cela dure encoreeeeeeeeeeeeee
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Jeu 1 Déc - 18:27

Bernard a écrit:Quand même 71ans................... pourvu que cela dure encoreeeeeeeeeeeeee

Je te le souhaite Bernard!
Bientôt 75 pour moi, à croire que la flotte contaminée conserve!
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Edouard

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