VIVE LA BOMBE

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Mer 12 Juin - 11:02

franchement, ce qui me heurte le plus : c'est que les "gradés" se soient protégés et restent à l'abri pendant ces essais nucléaires tout en envoyant les "non gradés" se faire irradier et se faire contaminer Crying or Very sad
Que ces "gradés d'active" soient ignares en risques nucléaires, je veux bien l'admettre, mais j'aimerai qu'ils m'expliquent pourquoi ils se sont si bien protégés et pourquoi ils sont restés si loin. Et les "gradés appelés", ils étaient quand même moins ignares qu'eux, mais ils se sont apparemment comportés de la même façon...
Ils en ont reçu l'ordre : trop facile comme réponse...
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Georges le Mer 12 Juin - 11:26

ton nouvel avatar risque de se "dégonfler"
Non non, c'est pas du factice !
Quand il y avait des exercices, nous autres, les chauffeurs avions un petit avantage, nous restions à l'abri pour garder les bahuts.
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Georges

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Mer 12 Juin - 15:11

Alain a écrit:Et les "gradés appelés", ils étaient quand même moins ignares qu'eux, mais ils se sont apparemment comportés de la même façon...
Ils en ont reçu l'ordre : trop facile comme réponse...



Les gradés appelés étaient considérés de la même façon que tous les autres militaires du contingent, comme de la viande sans valeur dont on disposait à volonté.
Les gradés d'active les méprisaient souvent et considéraient qu'ils étaient "incompétents" Ils n'avaient pas fait Saint Cyr ni fréquenté les bordels Indochinois, ce n'étaient donc pas des combattants...
De plus, si nous* avions eu l'idée de nous protéger ou de filer, il aurait fallu en avoir les moyens.

De ceux que j'ai connu, beaucoup étaient inconscients du danger, d'autres avaient peur ou étaient fatalistes mais tous sont restés avec leur groupe ou leur section. Les meilleurs d'entre eux l'ont fait parce qu'ils ne voulaient pas abandonner les copains mais la grande majorité ne savaient surtout pas quelle décision prendre...
Ils n'avaient justement pas reçu d'ordres...
Et puis, en pleine zone ou au milieu d'un nuage radioactif, fuir pour aller où ?

* Je dis nous car j'en faisais partie
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Edouard

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Jeu 13 Juin - 9:14

Bon, après toutes ces années, il est facile pour moi de "critiquer" l'attitude de ceux qui ont vécu la fin de la guerre d'Algérie au Sahara et les "expériences nucléaires" du Sahara : je n'étais au Sahara que de février 66 à février 67 après tous ces "épisodes".
Et j'ai fait mon service militaire en tant qu'aspirant (8 mois) puis sous-lieutenant (4 mois, mais j'ai continué à porter mes barrettes d'aspirant pendant ces 4 mois) dans le Génie, une arme qui est plus technique que militaire, et où la discussion et la concertation étaient admises entre soldats et officiers (mis à part deux lieutenants ORSA plus cons que la moyenne…).

Depuis que je vous lis (Edouard et les autres), je me demande comment j'aurais réagi dans votre situation…
Je pense que j'aurais exigé au minimum une protection individuelle pour toute ma section (tenue étanche, bottes, gants, masque à gaz), et expliqué les risques encourus à ces soldats pour qu'ils comprennent pourquoi ils devaient porter cette tenue. Certes nous aurions été irradiés, mais pas contaminés…

Ces moyens de protection individuels existaient certainement au Sahara, mais ils ont dû rester en caisse pour des raisons de flemme administrative.
Evidemment, dans des Armes comme la Colo, je ne sais pas si une telle exigence aurait été possible sans casse...

Le seul militaire (un appelé) de ma famille que j'admire, c'est mon grand-père qui - capitaine pendant la guerre de 14/18 - a été dégradé pour avoir refusé de céder à des officiers "dits supérieurs" la grange où il avait logé ce qui restait de sa compagnie…

Quant à la "viande sans valeur des appelés" de ma famille, leurs noms sont gravés sur les monuments aux morts de leurs villages, et je suis le dernier "Pupille de la Nation" de ma famille (mes enfants auront au moins échappé à cette malédiction…). Alors l'avis des Saint-Cyriens…


Dernière édition par Alain B le Jeu 13 Juin - 9:59, édité 1 fois
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Message  Georges le Jeu 13 Juin - 9:56

Alain B a écrit:Évidemment, dans des Armes comme la Colo, je ne sais pas si une telle exigence aurait été possible sans casse...








Effectivement, pour nous, c'était très difficile d'avoir des exigences (et même une concertation).
Une fois cependant, pour garder les débris d'une "alouette" tombée en zone contaminée, nous avons eu droit à un équipement: tenue blanche- bottes-masque à gaz.
Malheureusement, nous n'avons pas pu conserver le masque, avec la chaleur, on ne voyait plus rien, et nous avions des difficultés à respirer.
Donc on s'est dit: fichu pour fichu...........Mais nous avons quand même évite de faire de la poussière ou de s'asseoir dans le sable, l'inquiétude était présente.

 

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Jeu 13 Juin - 15:07

alain a écrit:Je pense que j'aurais exigé au minimum une protection individuelle pour toute ma section (tenue étanche, bottes, gants, masque à gaz), et expliqué les risques encourus à ces soldats pour qu'ils comprennent pourquoi ils devaient porter cette tenue
En tant que section décontamination, nous disposions de ce matériel et l'utilisions... Nous avions une formation théorique de base et savions à quoi nous en tenir.
Nous étions 25 ou 28 dans la section et il y avait 3000 militaires à In Amguel...

Combien disposaient du même matériel et des mêmes informations ?

Ce matériel était disponible à la déconta du Point Nord pour ceux qui entraient en zone de ce côté de la montagne.

Le génie ainsi que de nombreux autres venaient s'équiper tous les matins et passaient toujours au contrôle à leur retour de mission en zone.
Il semble que ce n'était pas le cas de tous...
Notre Bernard (GBO) raconte sur ce forum être entré en zone contaminée (il en ouvrait les grilles) sans protections particulières... Ses chefs étaient-ils conscients du danger auquel ils l'exposaient en l'envoyant à cet endroit ?

S'ils ne l'étaient pas, c'étaient des crétins incompétents et s'ils l'étaient, c'étaient des criminels.

Il faut hélas rappeler que dans notre glorieuse armée, ceux qui sont devenus criminels par incompétence sont si nombreux... La taille et le nombre de nos cimetières militaires le prouvent...
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Invité le Ven 14 Juin - 17:11

Pendant mon service à Colomb-Béchar de février 66 à février 67, à chaque fois que je faisais un convoi entre Colomb-Béchar et In Amguel, j'empruntais le compteur Geiger au fonctionnement capricieux à un adjudant ou un adjudant-chef (je ne me souviens plus...) du 71ème BG qui avait cet appareil non militaire en sa possession : ça m'a permis de ne pas ramasser n'importe quoi du coté de Reggan ou du Tan Affela, et de ne pas m'arrêter n'importe où, quand ce fichu compteur Geiger daignait fonctionner. Dans le doute, je laissais sur place ou je ne restais pas Smile

Idem quand j'ai traversé ou que je suis passé à proximité des champs de tirs américains du Nevada et de l'Idaho en 2005, je ne me suis pas attardé quand j'ai vu les tas de déchets divers assez peu protégés le long de la route, je n'avais pas de compteur Geiger à ma disposition. Le peu de protections physiques et les quelques rares panneaux d'interdiction me rappelaient vraiment le Tan Affela de 1966 Neutral

Qu'ils soient issus de Saint-Cyr ou de West-Point, ils ont le même comportement hallucinant Crying or Very sad
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Message  Michel le Jeu 1 Déc - 17:25

Pas de dernier jus, mais Bernard si tu as bus de l'eau à ARAK


Dimanche, 16 Février 2014 14:54

C’est une carte qui fait froid dans le dos. Classée secret-défense par l’armée pendant des décennies, elle vient d’être déclassifiée dans le cadre de l’enquête pénale déclenchée par des vétérans des campagnes d’essais nucléaires français (dans le Sahara au début des années 1960, puis en Polynésie dans les années 1970).

Pour la première fois, le grand public découvre l’étendue exacte des retombées nucléaires radioactives des essais aériens réalisés par la France dans le Sahara algérien. Sur cette carte, que nous dévoilons aujourd’hui, les mesures de l’armée française montrent que, loin de rester cantonnées au désert, les retombées ont recouvert toute l’Afrique du Nord et même subsaharienne. On constate ainsi que treize jours après le tir de la première bombe aérienne française, la fameuse Gerboise bleue, des retombées radioactives atteignent les côtes espagnoles et recouvrent la moitié de la Sicile !

Des normes de radioactivité dépassées à certains endroits

Quelles étaient les doses enregistrées ? Dans les documents secret-défense, les militaires assurent qu’elles étaient «généralement très faibles» et sans conséquences. «Cela a toujours été le système de défense de l’armée», explique Bruno Barillot, spécialiste des essais nucléaires. C’est lui qui a analysé ces documents déclassifiés, obtenus par les associations qui ont porté plainte. «Sauf que les normes de l’époque étaient beaucoup moins strictes que maintenant et que les progrès de la médecine ont démontré depuis que même de faibles doses peuvent déclencher, dix, vingt ou trente ans plus tard, de graves maladies.»

Autre découverte, les militaires reconnaissent qu’à certains endroits les normes de radioactivité ont été largement dépassées : à Arak, près de Tamanrasset, où l’eau a été fortement contaminée, mais aussi dans la capitale tchadienne de N’Djamena. «La carte du zonage des retombées de Gerboise bleue montre que certains radioéléments éjectés par les explosions aériennes, tel l’iode 131 ou le césium 137, ont pu être inhalés par les populations malgré leur dilution dans l’atmosphère, explique Bruno Barillot. Personne n’ignore aujourd’hui que ces éléments radioactifs sont à l’origine de cancers ou de maladies cardio-vasculaires.»

Un accès restreint aux archives

Les associations de victimes souhaiteraient obtenir d’autres informations. «Mais pour l’instant, le fonctionnement de déclassification n’est pas satisfaisant, dénonce Bruno Barillot. Malgré la demande des juges d’instruction, l’armée n’a communiqué que des archives soigneusement triées, dans lesquelles il manque des pans entiers de données. Il faut réformer l’accès à ces informations si on veut connaître la vérité.» Une accusation réfutée hier par le ministère de la Défense : «Les documents ont été choisis par une commission consultative indépendante à laquelle l’armée ne participe pas», explique le service de communication.

Quant aux nouvelles informations sur les retombées, le ministère, ne les ayant pas consultées, «n’a pas de commentaires» à faire. La France devra-t-elle un jour indemniser les populations algériennes ? Le sujet reste une épine diplomatique entre les deux pays. A plusieurs reprises, l’Algérie avait menacé la France de rétorsions, sans aller jusqu’au bout. Si l’Etat algérien ne bouge pas, la société civile, elle, s’empare du dossier. Des juristes et des avocats participent régulièrement à des colloques pour faire reconnaître les conséquences des essais en Algérie.
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Gérard le Jeu 1 Déc - 18:01

Shocked  study

Il y a quelques années , nos " chers " députés ont voté un texte qui rendait IMPOSSIBLE DÉFINITIVEMENT
tout accès aux documents concernant l' arme nucléaire , et par extension aux essais du même métal !

Donc , pas de panique , et vous pouvez reprendre une activité normale  .



affraid
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Message  Bernard le Jeu 1 Déc - 18:17

Bien sur que j'ai bu de l'eau a Arak, et a In Eker chaque jour, et j'ai certainement conduit le GBO citerne du Tanatarm qui devait être le plus pollué de cette région.
Pourtant j'aimais quand on m'envoyé le prendre pour faire le plein d'eau a In Eker hélas trois fois hélas si j'avais su j'aurai mis un slip en plomb.

Quand même 71ans................... pourvu que cela dure encoreeeeeeeeeeeeee
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Message  Edouard le Jeu 1 Déc - 18:27

Bernard a écrit:Quand même 71ans................... pourvu que cela dure encoreeeeeeeeeeeeee

Je te le souhaite Bernard!
Bientôt 75 pour moi, à croire que la flotte contaminée conserve!
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Message  Alain P le Lun 31 Juil - 22:07

Je viens de lire un livre passionnant sur le prix Nobel de Physique Pierre-Gilles de Gennes. Ecrit par Laurence Plévert aux éditions Bélin sous le titre
"Pierre Gilles de Gennes Gentleman physicien.
Une partie est consacrée aux essais de Reggan.
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Message  Alain P le Lun 31 Juil - 22:14


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Message  Alain P le Lun 31 Juil - 22:18


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Message  Georges le Mar 1 Aoû - 10:23

Merci Alain, de la saine lecture pour les vacances !
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Message  Alain le Mar 1 Aoû - 10:48

je garde tout ça pour m'occuper lorsque j'aurais retrouvé ma liberté... chicouf

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-Vous voyez là ? Au bout , y a une extrémité.
-Vous n'ignorez pas que le défi métabolise les changements motivationnels dans le bon sens. (JMR)
-Il faut faire en sorte de laisser une trace sur la terre même quand ton ombre aura disparu..
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Message  Michel le Mar 1 Aoû - 12:09

Alain pour les recherches avec assiduité
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Mer 23 Aoû - 12:16

J'ai trouvé cela sur internet, c'est un peu long à lire mais instructif.

"L’accident nucléaire de Béryl se produit un 1er mai 1962 lors d’un essai de l’armée française à In Ekker, dans le Sahara algérien. Plus de cinquante ans plus tard, les conséquences de cet accident sur la vie des femmes et des hommes qui habitent la région, ainsi que sur celle des animaux et de la flore, sont désastreuses. Legs colonial inavoué, le site de Béryl deviendra, avec d’autres sites irradiés, un lieu central du dispositif de répression mis en place par le pouvoir algérien dans les années 1990, contre les islamistes. Une chronique autour du film At(h)ome, qui revient justement sur cette histoire. ☰ Par Awel Haouati


Mars 1962. Des clauses tenues secrètes dans les accords d’Évian autorisent l’armée française à utiliser le territoire saharien pour ses essais nucléaires et chimiques, pendant cinq à seize ans (selon les sites destinés à ces essais), après l’indépendance de l’Algérie. Le 1er mai 1962, soit près de deux mois avant l’indépendance du pays, un accident nucléaire se produit à In Ekker, à 150 kilomètres au nord de Tamanrasset, dans l’extrême-sud algérien. La bombe porte un nom de pierre précieuse : Béryl. Si les écrits concernant cet accident sont nombreux (notamment sur Internet), il reste peu connu de la majorité des Algériens — et du grand public en général. La « Gerboise bleue », premier essai nucléaire français sur le sol algérien dans la ville saharienne de Reggane, en 1960, a connu plus ample médiatisation.
« Les habitants du Sahara sont considérés, de part et d’autre, sinon comme inexistants, du moins comme des citoyens de seconde zone. »
Que la France ait demandé à effectuer ces essais nucléaires sur le territoire qu’elle s’apprêtait à rendre aux Algériens s’avère moins surprenant que l’accord qui lui a été donné par ceux qui allaient gouverner ce pays, et qui se sont chargés, avec d’autres, de le libérer. N’avaient-ils vraiment pas le choix ? « La France n’aurait jamais accepté de partir si les Algériens n’avaient pas donné leur accord », dira-t-on. Ainsi, les 13 essais nucléaires de In Ekker — à quoi il faut ajouter quelques autres concessions (exploitation du pétrole par la France avant sa nationalisation en 1971 ; base de la marine française maintenue à Mers El Kebir, à Oran ; essais chimiques à Oued Namous, dans le désert) — auraient représenté l’un des enjeux majeurs de la négociation de l’indépendance, à Évian. Les négociateurs algériens n’auraient pas été en position de force. Mais ce qui est encore plus déstabilisant, et douloureux, est le fait qu’aucune des deux parties — car les deux sont responsables de cette catastrophe — n’ait songé à avertir, informer ou déplacer les populations vivant à proximité des sites choisis afin de faire exploser les bombes souterraines et aériennes. « C’était le prix à payer pour obtenir l’indépendance », ajoutera-t-on. Mais qui a véritablement payé ce prix ?
Dans une archive de l’Ina datant d’octobre 1997, Pierre Mesmer, ministre français de la Défense entre 1960 et 1969, répond avec un détachement déconcertant à un journaliste qui lui demande pourquoi l’Algérie avait accepté que des essais chimiques se fassent sur son territoire, sur un autre site situé à Oued Namous, au sein de la base militaire B2-Namous (vers la frontière algéro-marocaine, près de Beni Ouenif), de 1962 à 1978 : « Mais B2-Namous est au Sahara ! Et le Sahara, comme on sait, y a pas beaucoup d’habitants, et les expérimentations de la France à B2-Namous ne gênaient pas du tout l’Algérie ! Au contraire ! Je dirais au contraire parce que ça apportait autour de B2-Namous une certaine activité, qui a disparu complètement quand nous avons fermé le centre. » Les habitants du Sahara sont considérés, de part et d’autre, sinon comme inexistants, du moins comme des citoyens de seconde zone. Loin d’être spécifique à la signature des accords d’Évian, l’argument d’un désert inhabité et vide a été réutilisé par les défenseurs de l’exploitation du gaz de schiste dans le Sahara, en 2015. Les habitants de la ville d’In Salah et des environs, mobilisés durant plusieurs mois pour demander l’arrêt des forages, avaient alors évoqué les essais nucléaires de la France sur le sol algérien, conscients que « le sous-sol saharien nourrit le Nord, qui laisse le poison au Sud ». La mémoire de ces événements est encore vive, ainsi que l’affirme le photographe Bruno Hadjih, qui a collaboré à la réalisation du film At(h)ome, dans une interview : les gens « se transmettent [cette histoire] encore aujourd’hui de père en fils, et de mère en fille, car ils subissent toujours, dans leur chair, les conséquences de ces essais nucléaires ». Cette facette des accords d’Évian ne correspond certainement pas à l’image glorieuse que l’on s’en fait habituellement — particulièrement en Algérie. Pour quelqu’un à qui l’on a inculqué les valeurs du nationalisme algérien et l’importance de la décolonisation, cette histoire constitue un véritable choc. Pour un lecteur familier de l’histoire algérienne, conscient de la complexité de la décolonisation et de ses prolongements, cela reste également un choc. Le roman national algérien acquiert un arrière-goût amer.


« C’est quoi cette chose ? C’est une étoile ? Un tremblement ? »
Le point de départ du film At(h)ome, sorti en 20131 réalisé par Elisabeth Leuvrey, est un travail documentaire du photographe Bruno Hadjih. Ce dernier parcourt la région de Tamanrasset et d’In Ekker à plusieurs reprises, entre 2009 et 2014, désireux, à l’origine, de travailler sur l’image du désert dans l’imaginaire occidental et sur des sujets liés à l’environnement. Il observe alors des phénomènes inhabituels : des roches déformées, comme de la lave, des animaux morts, comme momifiés. Des amas de barils sur le bord de la route Nationale 1, qui longe le site. Il photographie tout cela puis, au fil de ses rencontres, apprend qu’une bombe nucléaire souterraine a fait trembler le massif montagneux de Tawrirt Tan Afella 50 ans plus tôt, avant que le nuage radioactif n’irradie toute la région — et en premier lieu le petit village de Mertoutek, situé à une soixantaine de kilomètres. Le récit de l’enquête de Bruno Hadjih et ceux des villageois et nomades s’alternent et rythment le défilement des photos de Hadjih, portraits de celles et ceux qui racontent et images des paysages irradiés constituant la principale matière iconographique du film. Si les témoignages des « irradiés de Béryl » du côté français sont connus2, peu de choses existent sur les conséquences de cet accident sur le territoire algérien et ses habitants. Un premier film intitulé L’Algérie, De Gaulle et la bombe, réalisé par Larbi Benchiha en 2010, revient sur les essais nucléaires français dans le Sahara — notamment ceux de Reggane et Béryl. Ce documentaire, dont nous n’avons réussi à voir que la bande-annonce, semble adopter un angle historique. Les images d’archives des discours de De Gaulle y croisent les témoignages contemporains des militaires présents sur les sites des essais nucléaires, ainsi que ceux des habitants de la région.
« J’étais bergère, quand Tawrirt a sauté, et tout ce qui s’est passé je m’en souviens. Je gardais mes chèvres, c’est tout. Bien après on nous a dit que c’était la bombe…»
C’est dans le temps présent qu’At(h)ome prend racine. Une place centrale est accordée au récit oral, à la parole de celles et ceux qui content, dans leur langue, la manière dont ils ont vécu l’explosion de la montagne Tawrirt. Le récit en tamasheq (langue touareg) d’une femme est ainsi traduit dans les sous-titres : « Quand cette chose-là est arrivée… Ce dez dez dez dez [le bruit du tremblement]… Que pensez-vous ? C’est quoi cette chose ? C’est une étoile ? Non, ce n’est pas une étoile. Un tremblement ? Non. C’est terrible cette chose-là. Et tout d’un coup, des traînées de fumée qui allaient dans un sens et dans l’autre. Dez, dez, dez, dez, dez. On s’est demandés : C’est quoi cette chose-là ? Khalass, ça y est, on a pensé que les montagnes s’écroulaient. On a vu des hélicoptères voler dans tous les sens. C’était bruyant. Et tout d’un coup, on a vu une forme blanche qui est sortie de la fumée, comme une boule. Dez, dez, dez, dez, dez. On tremblait tous. Nous avons eu peur. Nous sommes partis en courant. Nous nous sommes cachés dans les arbres ! (elle rit) J’ai dit à ma tante : Fais tes prières, ça c’est la mort qui arrive. Je lui ai dit : Je pense que c’est la mort qui est arrivée. On a descendu l’oued. À notre arrivée, les gens étaient morts. C’est ça qui s’est passé. Moi j’avais sans doute dix ans, j’étais une petite fille. J’étais bergère, quand Tawrirt a sauté, et tout ce qui s’est passé, je m’en souviens. Je gardais mes chèvres et c’est tout. Bien après, on nous a dit que c’était la bombe. C’est vrai. »
L’incompréhension, d’abord. La mort et la maladie, ensuite. Depuis cette explosion, les habitants de Mertoutek ne cessent de compter et d’enterrer leurs morts. 17 au cours du premier mois suivant l’explosion. Les survivants observent, depuis des dizaines d’années, la façon dont la maladie ronge non seulement leurs propres corps, mais aussi ceux de leurs enfants. « Mana fahmine fiha walou. » Nous n’y comprenons rien. Sur la page Facebook de la localisation « Tawrirt Tan Afella », les commentaires d’anciens appelés de l’armée française présents au moment de l’explosion, aujourd’hui à la retraite, reviennent sur l’événement, photographies à l’appui. Les conséquences de l’accident sont également très lourdes pour ces personnes puisqu’elles étaient très proches du site de la bombe et durent prendre la fuite face à l’avancée du nuage radioactif. Si ces hommes n’évoquent pas explicitement les séquelles du nuage radioactif sur les réseaux sociaux et les forums, on le devine à travers leurs commentaires sur une photographie de l’accident : « Les 1er Mai se suivent… Le 1er Mai 1962 j’étais au Sahara, pas au pied du Tan Affella… juste un peu plus à l’ouest dans l’Ouarkziz…. » ; « Bonjour M., un sale jour, bonne fin de journée ! » ; « Un jour de deuil plus qu’un jour de fête ! »

Lors d’un colloque international sur les explosions nucléaires dans le Sahara algérien, organisé par le ministère des Moudjahidine — du nom des combattants de la guerre de libération nationale — en février 2010, à Alger, une victime française de l’accident de Béryl raconte ce 1er mai 1962. Au moment des essais, sa mission est de « sécuriser le site, éloigner et empêcher l’accès à la population locale ». Placé avec ses collègues à une dizaine de kilomètres de la montagne Tawrirt, il reçoit avec eux une « pluie de scories, comme de gros grains de sable ». Rapatriés à l’hôpital des armées de Clamart, ils apprennent que les doses reçues sont estimées à 600 millisievert (mSv)3. La limite actuellement admise par la réglementation française est de 1 mSv par an, pour la population. À 10 mSv, on demande la mise à l’abri des populations ; au-delà de 50, leur évacuation. À partir de 100 mSv, on parle alors de fortes doses, entraînant des conséquences directes et à long terme, sur le corps et la santé. Tout le monde ne sera pas évacué après Béryl, et certains membres du personnel scientifique et de l’armée resteront sur le site jusqu’en 1963, voire jusqu’en 1966, année du dernier essai nucléaire, « Grenat ». Les habitants de Mertoutek, eux, n’ont jamais été évacués et subissent, chez eux, les retombées de l’accident depuis plus de 50 ans.
Du campement d’expérimentation nucléaire au « camp de sûreté »
« Territoire d’expérimentation nucléaire de l’armée française, In Amguel devient un lieu central du dispositif de répression mis en place par le pouvoir algérien dès 1992. »
Dans ces échanges virtuels entre anciens appelés et ingénieurs de l’armée française, on apprend l’existence du campement Saint-Laurent à In Amguel, à environ 50 kilomètres du site de l’explosion de Béryl, servant de base de vie et d’expérimentations du Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO) entre 1962 et 1963. Il est possible que ce campement ait été réutilisé à partir de 1992 par le pouvoir algérien afin d’y enfermer des milliers de détenus, arrêtés dans différentes villes, à la suite de la victoire du FIS, le Front islamique du salut (parti d’opposition islamiste) aux élections législatives, et de l’interruption du processus électoral sur une décision du pouvoir en janvier 19924. Les prisonniers avaient en effet été répartis entre In Amguel, Reggane et Oued Namous, sites pourtant contaminés par la radioactivité et les restes des essais chimiques et bactériologiques hérités de l’ancienne puissance coloniale. En l’absence d’infrastructures d’internement dans le désert, ces campements d’expérimentation de l’armée française ont pu représenter pour les autorités algériennes une solution répressive prête à l’emploi.
C’est à l’histoire des anciens détenus des camps du Sud, ouverts (ou réutilisés) dans les années 1990, que la seconde partie du film est consacrée. Arrêtés arbitrairement dans toute l’Algérie — sans mandat d’arrêt et en dehors de tout cadre législatif — en raison de leur participation ou de leur sympathie au FIS, ou simplement « parce qu’ils portaient une barbe », beaucoup se demandent encore pour quelles raisons ils se sont retrouvés dans ces camps. Légal depuis l’ouverture de l’Algérie au multipartisme en 1989, le FIS5 bascule dans la clandestinité suite à son interdiction après l’interruption des élections en 1991, puis sa dissolution en 1992. Les soutiens du parti sont alors considérés comme une menace à la « sûreté de l’État », accusation qui sera reprise tout au long du conflit des années 1990 à l’encontre de toute forme d’opposition à la posture du pouvoir, à ses méthodes de répression et de contrôle de l’information. Les hommes interviewés dans le film décrivent par le détail les conditions dans lesquelles ils sont forcés de vivre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années : enfermés dans des petites cabines, très chaudes durant la journée et très froides le soir, ils se rappellent de cette toux qui gagnait tout le monde à l’intérieur. À l’époque, ils ne savent pas encore que ce camp a été irradié en 1962 et que le taux de radioactivité des lieux les met en danger de mort. Comme les habitants de Mertoutek en 1962, ils l’apprendront plus tard. Ils seront relâchés de la même façon qu’ils ont été arrêtés, sans explications. L’incompréhension, encore une fois, se mêle à la maladie et à la souffrance des corps : sensation d’électricité au contact de l’eau, cancers, handicaps, etc. Certains sont morts des séquelles de la radioactivité, d’une mort que les survivants décrivent à leur tour comme lente et douloureuse. De retour dans leurs villes, ils font l’erreur d’emporter avec eux des pierres du site saharien, qu’ils trouvent belles, avant d’apprendre que ces roches sont radioactives — et qu’ils ont dès lors, à leur insu, contaminé leurs proches. Les camps du sud algérien font partie des réalités les plus invisibilisées du conflit des années 1990 (au même titre que la question des disparus, par exemple), peut-être parce qu’ils ne correspondent pas à une vision manichéenne de cette guerre, plus souvent mise en avant et plus visible dans le discours public6. Un comité de défense des internés des camps de sûreté (CDICS) a depuis été crée, mais l’histoire demeure méconnue, quand elle n’est pas niée.

Le campement Saint-Laurent à In Amguel, à environ 50 kilomètres du site de l’explosion de Béryl. (DR)
Territoire d’expérimentation nucléaire et chimique de l’armée française dans les années 1960 — condition invraisemblable pour une indépendance négociée — la zone d’In Amguel, comme celles de Reggane et de Oued Namous, devient un lieu central du dispositif de répression mis en place par un pouvoir algérien se sentant menacé par la victoire du FIS en décembre 1991. La frontière entre colonisation et période post-coloniale est poreuse. Les conséquences des essais nucléaires français et de l’accident de Béryl sont là pour nous le rappeler, au même titre que la réutilisation par l’État algérien de techniques répressives intégrant des camps d’internement, qui ne sont pas sans évoquer les méthodes de la France au moment de la guerre de libération nationale7. Sans chercher à comparer les deux périodes ou les deux conflits, il est important de souligner la façon dont un État indépendant s’inspire de l’État colonial qui l’a précédé, ne serait-ce qu’à travers la violence avec laquelle il gère et réprime un mouvement d’opposition, quel qu’il soit. C’est donc à une lecture à la lisière de l’histoire nationale du moment de la décolonisation, ainsi qu’à une lecture plus complexe de la « décennie noire » — la période de « guerre civile » en Algérie, qui s’étend du début des années 1990 au début des années 2000 —, que nous conduit le récit des essais nucléaires du Sahara, de leurs lieux et des trajectoires des individus qui y sont d’une certaine façon liés depuis 1962, ou depuis 1992, à aujourd’hui."

J'ignorai que cette zone était irradiée à ce point. On nous a peut-être pas tout dit.
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Alain le Mer 23 Aoû - 14:46

Intéressant, mais... peut être un peu orienté tout de même...entre autres... essais chimiques ...

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Re: VIVE LA BOMBE... en musique ?

Message  marcel le Ven 1 Sep - 18:09

On avait déjà une BD : Au nom de la Bombe
-
On va peut être pouvoir joindre la musique aux dessins :
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Annonce parue dans la revue Ia ora na de septembre 2017.

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Alain le Ven 1 Sep - 18:35

Marcel, dis lui qu'on a un enregistrement original du brevet colonial, ça devrait surement l'intéresser...

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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Michel le Dim 3 Sep - 9:33

Edouard a écrit:J'ai trouvé cela sur internet, c'est un peu long à lire mais instructif.



J'ignorai que cette zone était irradiée à ce point. On nous a peut-être pas tout dit.



Je viens de relire tu étais pourtant mieux placé que nous pour pour être informé
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  marcel le Dim 3 Sep - 11:34

Edouard a écrit:"L’accident nucléaire de Béryl se produit un 1er mai 1962 lors d’un essai de l’armée française à In Ekker, dans le Sahara algérien."
A In Eker, ce sont des essais du CEA, l'Armée française n'était qu'en support logistique, contrairement aux essais aériens à Reggan où l'Armée avait fait manœuvrer des chars vers le point zéro juste après l'explosion Gerboise verte, heureusement moins puissante que prévue.
*

Edouard a écrit:En tant que section décontamination, nous disposions de ce matériel et l'utilisions... Nous avions une formation théorique de base et savions à quoi nous en tenir.
Je suis arrivé à In Amguel à la section de détection le 26 avril 1962,  moins d'une semaine avant le tir Béryl, le 1er mai 1962. Je n'avais aucune formation NBC, je n'étais pas passé par l'EMAS, l'Ecole Militaire des Armes Spéciales à Sathonay-Camp (610ème GAS), dont je n'avais jamais entendu parler, et j'avais tout à découvrir. On avait les mêmes équipements et on l'a utilisé pour des exercices 3 jours avant le tir. Je n'avais aucune connaissance du terrain. J'étais en tenue anti poussière blanche, gants, bottes et masque anti poussière le jour du tir, et j'ai encore fait d'autres mission de détection à In Eker en terrain contaminé avec la même tenue les jours suivants, avec passage à la décontamination pour douche et contrôle de radiation.  Et je suis resté 1 an sur le site à In Amguel, au Camp Saint-Laurent. Bref, la totale...
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  Edouard le Dim 3 Sep - 14:52

Michel a écrit:Je viens de relire tu étais pourtant mieux placé que nous pour pour être informé

Informé de quoi?
Comme tous les autres, nous executions sottement les ordres, ni plus, ni moins.
Je l'ai dit sur ce forum, nous avons passé plus de temps à nettoyer les camions et les gamelles de la colo ainsi que ceux du génie (et occasionnellement les nôtres) qu'à décontaminer.
J'ai dit aussi que, durant l'année que j'ai passé au point nord, je n'ai jamais rencontré de cas de personnes ou de matériels irradiés. Certes, nous utilisions pour les contrôles les instruments mis à notre disposition. Etaient-ils performants pour ce genre de travail?
Certaines zones étaient plus "contaminées" que d'autres et nous le savions et d'ailleurs, tout le monde aurait du le savoir car elles étaient théoriquement interdites d'accès.

"À l’époque, ils ne savent pas encore que ce camp a été irradié en 1962 et que le taux de radioactivité des lieux les met en danger de mort."
L'auteur de ce texte parle, semble-t-il, du camp Saint Laurent. J'ignorais qu'à la base vie, la radioactivité était telle qu'elle mettait nos vies en danger.
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Re: VIVE LA BOMBE

Message  marcel le Dim 3 Sep - 17:19

Le jour de l'explosion, je n'avais aperçu, d'assez loin, près du Bordj In  Eker, que le grand nuage de poussières, puis le nuage noir attribué à l'incendie de pneus et de carburants sur le carreau de mine. Indice alarmant qui nous avait conduit à nous replier immédiatement vers la Base Vie, à près avoir tenté vainement de joindre le PC par  le téléphone de campagne à manivelle que j'avais installé la veille.
-
Lors de missions de détection auxquelles j'avais participé ensuite, j'avais pu mesurer sur le terrain les radiations avec le radia-mètre dont j'étais équipé et observer les particules de scorie d'où elles émanaient. Certaines étaient même restées collées sur les graisseurs de arbres des ponts avant et arrière des Jeep et des Dodge et étaient difficiles à extirpées, même avec le karcher.
-
Mais ce n'est que 50 ans après l'accident de Béryl le 1er mai 1962 que j'ai découvert dans le livre de Louis Bulidon "Les irradiés de Béryl" que la Camp Saint-Laurent avait été lui même contaminé, au vu des enregistrements qu'il avait effectués dans son laboratoire,du quartier DAM, et qu'on lui avait confisqués.

Et personne n'en a été averti à l'époque et dans les années qui suivirent.
-
Quoi ? Je l'ai déjà dit. Et bien, permettez moi de le répéter !


Dernière édition par marcel le Dim 3 Sep - 17:33, édité 2 fois

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